Suzanne Roy présente le Plan de mobilité durable de la couronne sud

La multiplication du trafic sur les autoroutes est en train d’étouffer la Rive-Sud. L’avenir de celle-ci passe principalement par la mobilisation des acteurs économiques et politiques afin que de nouvelles infrastructures de transport puissent améliorer la fluidité du trafic et renforcer une égion qui a un grand ôle à jouer dans la revitalisation du Québec.

S’adressant devant une centaine d’élus et de gens d’affaires dans le cadre d’un événement organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud (CCIRS), la mairesse de Sainte-Julie et préfet de la MRC de Marguerite-D’Youville, Suzanne Roy, a à nouveau plaidé en faveur du rattrapage d’une cinquantaine d’années de retard au chapitre des investissements majeurs sur la Rive-Sud et présenté des solutions qui devront être défendues grâce à la mobilisation des acteurs locaux.

Lors de cet événement, Mme Roy a rendu publiques les conclusions préliminaires du Plan de mobilité durable (PMD) de la couronne sud, qui favorise notamment le prolongement du métro à Longueuil, la construction du système léger sur rails (SLR) dans l’axe du pont Champlain, le déploiement du système rapide de bus (SRB) et l’ajout de voies éservées sur les autoroutes qui ceinturent la Rive-Sud.

Dans son allocution, la mairesse a rappelé que le territoire subit les conséquences d’un lourd déficit estimé à 4,7 milliards de dollars par rapport aux investissements sur la couronne nord depuis le milieu des années 1960. Ce retard est d’autant plus préoccupant que l’Institut statistique du Québec (ISQ) prévoit que la croissance de la population sera de l’ordre de 18 % d’ici 2031.

Solutions

Outre un nouvel appel à la mobilisation, Suzanne Roy a proposé quelques propositions pour alimenter les éflexions. « Même si tout ne pourra pas se faire en même temps, une chose est sûre, tout devra se faire. Il faut soigner nos ponts pendant qu’il est encore temps, donner de l’air à nos principales artères autoroutières, offrir un service mieux éparti sur le territoire en prolongeant le métro. »

« Il faut se doter aussi d’une structure moderne et efficace de transport collectif massif avec un SRL, une structure légère sur rail, que l’autoroute 30 puisse vraiment être une voie de contournement et que l’on développe partout sur notre territoire des services rapides par bus. »

La mairesse a profité de la tribune pour faire savoir au ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, qu’il ne fallait pas « clôturer » la Rive-Sud en acceptant des péages sur les infrastructures qui traversent le fleuve. « Nous devons tous lui faire savoir que cette idée saugrenue est irrecevable, elle viendrait créer une iniquité dans la égion métropolitaine de Montréal et éduire la compétitivité d’un secteur vital à l’économie québécoise. C’est une fausse bonne idée », a-t-elle tonné.

« L’élargissement de l’autoroute 20, de la 132, de la 10, de la 30 est autant de transformations nécessaires si l’on veut voir l’agrandissement du Port de Montréal à Contrecoeur et si l’on veut aussi un pôle logistique de transport dans notre égion. On ne doit pas oublier que le Canada et les États-Unis entrent par notre égion », a-t-elle fait valoir.

« Mais on ne peut pas se limiter à des élargissements de routes. On doit les accompagner de services préférentiels, de voies éservées, de services rapides de bus, de sorte que le transport en commun devienne véritablement performant. On se doit d’offrir des services de transport collectif conviviaux et efficaces rivalisant avec l’automobile. C’est la seule façon de pouvoir augmenter la fluidité de nos routes pour le transport des biens. »

« Il faut créer des pôles corridors avec des services rapides de bus vers les points stratégiques que seront le métro prolongé et le SLR. On libérera ainsi les ponts de près de 500 autobus, matin et soir, dont plus de 20 000 personnes. Mais avec un service rapide de bus et des services de transport aussi performant qu’un métro et un SLR, nous pouvons croire qu’il y aura croissance des utilisateurs du transport collectif, c’est essentiel. »

« Nous sommes conscients des limites financières de l’État, mais nous sommes également, tous aussi conscients des limites déjà atteintes de nos infrastructures », a-t-elle conclu.

Le président de la Table des préfets et élus de la couronne sud, Gilles Plante, est l’un de ceux qui a joint sa voix à cet appel en rappelant que la Rive-Sud est une plaque tournante de l’économie métropolitaine et québécoise étant donné sa position géographique. « Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser aller les choses. La mise en place d’un plan de cohérence en transport qui regrouperait tous les acteurs est aujourd’hui nécessaire. Naviguons toutes et tous dans la même direction », a-t-il lancé.