Entre Contrecoeur et Sorel-Tracy

Les élans de la marche organisée à Boucherville le 21 septembre dernier ont été freinés par la pluie alors que près de 200 personnes seulement avaient épondu à l’appel d’Alerte Pétrole Rive-Sud. Dimanche dernier, la manifestation organisée par la Ligue richeloise contre la tyrannie pétrolière s’est avéée un grand succès alors que plus de 2 000 citoyens ont marché afin de s’opposer au transport du pétrole des sables bitumineux, soit dix fois plus que le mois précédent.

L’évènement pacifique s’est déroulé près de l’entrepôt de la compagnie Kildair, où est entreposé le pétrole lourd de l’Alberta afin qu’il soit transporté notamment jusqu’aux États-Unis par pétrolier en passant par le golfe du Saint-Laurent.

Les responsables de la Ligue richeloise contre la tyrannie pétrolière voulaient entre autres démontrer que la population demande qu’elle soit consultée dans ce dossier et que la circulation par superpétroliers soit arrêtée tant que des études indépendantes ne soient menées sur la question.

Leur appel a été entendu par de nombreux citoyens provenant des quatre coins du Québec et des personnalités publiques dont le chanteur Paul Piché, Laure Waridel d’Équiterre, le comédien Jici Lauzon, le biologiste Jean Lemire et le éalisateur Dominic Champagne. Il y avait aussi plusieurs élus comme les maires de Sorel-Tracy et des environs, ainsi que des députés du Parti québécois.? « Le fleuve Saint-Laurent ne doit pas se transformer en autoroute pour l’exportation du pétrole de l’Ouest. Il n’y a aucune retombée structurante et les Québécois doivent assumer tous les risques. De plus, le Québec ne dispose toujours pas des outils nécessaires pour intervenir efficacement en cas d’accident », a déclaré la députée de Vachon, Martine Ouellet, porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports, d’électrification des transports et de stratégie maritime.

Risques?Les députés ont rappelé que plusieurs rapports écents font état de déficiences dans la capacité d’intervention de la Garde côtière canadienne en cas d’accident. Par voie de communiqué, ils ont souligné qu’en novembre 2013, le Comité d’experts sur la sécurité des navires-citernes critiquait la faible capacité de écupération des hydrocarbures en cas de déversement, qui se chiffre entre 5 % et 15 % seulement.

Aussi, une étude de Genivar produite l’an dernier concluait que le golfe du Saint-Laurent et le fleuve Saint-Laurent formaient l’un des deux secteurs présentant le risque le plus élevé de déversement d’hydrocarbures au Canada. Finalement, une autre étude de Genivar, produite cette fois en novembre 2013, soulignait la déficience de la capacité d’intervention des autorités fédérales en cas d’urgence dans le golfe du Saint-Laurent.

Pour sa part, le député de Verchères, Stéphane Bergeron, a plaidé pour que les citoyens aient plus d’information dans ce dossier d’intéêt. « Nous avons demandé à plusieurs reprises à Transports Canada d’organiser des séances d’information pour tenir la population au courant des mesures qui sont prises pour assurer la sécurité des citoyens et la protection de l’environnement, ce qui a toujours été refusé. »

De son côté, la compagnie Kildair a rappelé qu’aucun déversement ne s’est produit dans ses installations depuis plus de 25 ans.