Une ésidente de Boucherville a eu une visite surprise dernièrement alors qu’un infortuné visiteur s’est offert une baignade improvisée dans sa piscine. Heureusement, elle a pu intervenir rapidement afin de sauver l’oisillon qui s’est retrouvé en fâcheuse posture, loin de son nid.
Julie Nault avait remarqué la saison dernière la présence d’un couple de faucons émerillons tout près de sa demeure. Une présence qui, en raison du cri strident et menaçant du rapace, a contribué à éloigner les autres espèces qui fréquentaient le secteur.
Et depuis quelques temps, a-t-elle pu remarquer, une nichée de bébés avait également pointé le bout de leurs becs.
« Nous savions qu’ils étaient prêts à s’envoler, explique celle qui opère le service de toilettage canin Poils & Peignes. Dans notre chambre, nous avons de grandes portes de jardin qui donnent sur notre piscine. Et en me levant, j’ai vu deux oiseaux qui semblaient se battre dans le ciel. J’ai dit à mon mari : « Je pense que j’ai vu un faucon manger un autre oiseau! » Puis les choses sont restées comme ça. » »
Ce n’est que quelques minutes plus tard que la Bouchervilloise a entendu un bruit inhabituel à l’extérieur de sa maison.
« C’était un jeune faucon qui battait des ailes dans l’eau et qui était en train de se noyer, raconte-t-elle. Tu ne prends pas un faucon comme ça dans tes mains car ils ont de grosses serres et un bec pointu, alors je suis allé chercher mon mari. Il a poussé l’oiseau dans l’écumoire et je l’ai attrapé dans une serviette. Nous avons ensuite pris quelques photos et on l’a déposé sur une chaise pour qu’il reprenne ses esprits. »
L’oiseau de proie a progressivement recommencé à battre des ailes avant de s’envoler, au bout d’un moment, pour se percher sur le balcon avant de reprendre la direction du nid familial.
« Aujourd’hui, on le voit de nouveau voler avec ses parents. Ils ont recommencé à crier. Ce sont des oiseaux très bruyants et ils sont menaçants pour les autres espèces. Depuis deux ans, nous n’avons plus d’oiseaux dans nos mangeoires! »
L’attrait des mangeoires
Selon Louise Falcon, vice-présidente du Club d’ornithologie de Longueuil, il n’est pas inhabituel de voir ces rapaces qu’on retrouve dans plusieurs égions du Canada.
« C’est quand même un assez petit faucon, explique Mme Falcon. Plus petit qu’un pèlerin. Il se nourrit d’oiseaux qu’il capture en vol alors c’est pourquoi on le voit beaucoup dans les quartiers où il y a des mangeoires d’oiseaux. »
La multiplication de ces mangeoires a d’ailleurs contribué, avec l’interdiction du DDT dans les années 70, à la relative prospérité de cette espèce et de plusieurs autres oiseaux de proie de la égion.
« De dire que les mangeoires, c’est comme un garde-manger pour eux, c’est un peu comme un vérité de Lapalisse. Le faucon émerillon va nicher dans un grand conifère non loin de là. Il y a un contact auditif presque constant entre les individus alors durant la période d’apprentissage du vol, on les entend vraiment beaucoup. Souvent, d’une année à l’autre, ils vont retrouver les mêmes sites de nidification si ç’a été un bon territoire pour eux. Et ce ne sont pas des oiseaux qu’on retrouve seulement dans les quartiers ésidentiels. On peut les retrouver près des forêts, des prairies, mais ça lui prend de grands arbres pour nicher. »
Pour les fauconneaux, la période d’apprentissage du vol peut être une expérience périlleuse. Heureusement, celui-ci s’en est tiré avec une baignade impromptue. (photo : courtoisie)
