Le député de Montarville et porte-parole du Bloc Québécois en matière d’affaires intergouvernementales, M. Stéphane Bergeron, a vivement dénoncé, le 4 mai dernier, une nouvelle proposition d’ingérence d’Ottawa dans les juridictions du Québec et des provinces. C’est dans le cadre du débat entourant une proposition néodémocrate visant à instaurer un égime «national» de soins dentaires que M. Bergeron a fait cette sortie bien sentie à la Chambre des communes. «Les Néodémocrates se sont ou bien trompés de parlement ou bien ils se sont trompés de pays! La constitution canadienne, aux articles 91 et 92, est pourtant claire; la santé constitue une compétence exclusive du Québec et des provinces, pas du gouvernement fédéral», de déclarer Stéphane Bergeron.«Le gouvernement fédéral est simplement responsable de la santé des Autochtones. Or, à ce chapitre, il se évèle tout à fait incapable d’assurer les services de base aux communautés autochtones. Il n’est même pas en mesure de leur assurer un approvisionnement adéquat, décent, en eau potable. Au 21e siècle, dans un pays du G7, et on va prétendre que le gouvernement fédéral a ce qu’il faut pour s’ingérer dans un champ de compétence exclusif du Québec et des provinces, la santé. En matière de santé, le gouvernement fédéral est aussi responsable des hôpitaux militaires, de l’approbation des médicaments et de la quarantaine, comme on le voit dans le cadre de la présente pandémie. C’est tout! Les soins dentaires, comme tous les autres aspects touchant la santé, relèvent du Québec et des provinces. D’ailleurs, le Québec a déployé, au fil des ans, le filet social le plus progressiste au Canada, faisant en sorte, par exemple, que, depuis 1974, les soins dentaires des enfants sont couverts et, depuis 1979, ceux des prestataires d’aide sociale. D’autres provinces disposent aussi d’un égime de soins dentaires», a signalé le député de Montarville.«Le problème, c’est que, non seulement, le gouvernement fédéral viole sa constitution, mais, en plus, il manque à sa parole. Lorsqu’on a convenu d’un égime de soins de santé ‘‘from coats, to coast, to coast’’, le gouvernement fédéral devait assumer 50 % de la facture. Or, on est rendu à quelque 23 %. Ce sont le Québec et les provinces qui assument la différence. Il n’est pas étonnant que le Québec et les provinces ne soient pas en mesure d’étendre la couverture de soins dentaires. Il n’y a donc pas de moment plus approprié pour discuter de transferts en santé», d’ajouter M. Bergeron.«Or, on constate que le déficit annoncé dans le budget est de l’ordre de 354 milliards de dollars. Étonnamment, il s’agit de 28 milliards de dollars de moins que ce qui avait été annoncé dans l’énoncé économique du mois de novembre. Comment se fait-il qu’il manque 28 milliards de dollars, alors qu’on sait que ce montant représente très précisément, presqu’à la cenne près, le montant que les provinces et le Québec ont éclamé en termes d’augmentation des transferts en santé de la part du gouvernement fédéral? C’est comme si Ottawa gardait cet argent — le nôtre — dans sa petite poche arrière comme levier pour faire pression sur le Québec et les provinces, afin de leur enfoncer dans la gorge de nouveaux empiètements fédéraux dans leurs juridictions, comme pour les garderies, les soins aux aînés… et les soins dentaires?», de tonner Stéphane Bergeron.