Le récent essai L’appel du fleuve : la quête inexprimable du poète-cinéaste Pierre Perrault, de l’autrice bouchervilloise Louise Bail, campe le célèbre cinéaste à la fin de son existence.
«Il se remémore le cours de sa vie avec, pour fil conducteur, ce grand fleuve Saint-Laurent qui aura inspiré et imagé une grande partie de son œuvre et forgé l’identité d’un peuple par ses convictions, explique l’autrice bouchervilloise Louise Bail, qui a consacré six ans à ce projet. Un lecteur m’a dit qu’il se lisait comme un roman.»

Cinéaste phare du cinéma direct des années 1950-1960 au Québec, Pierre Perrault est connu notamment pour son film Pour la suite du monde, réalisé en 1963 avec Michel Brault. Ce documentaire «poétique et ethnographique», comme le décrit l’ONF, est le premier métrage canadien présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 1963.
Ce film recréant la pêche aux marsouins fait partie de sa trilogie de L’Isle-aux-Coudres, avec Les voitures d’eau et Le règne du jour.
Le fleuve occupe une place prépondérante dans l’œuvre du cinéaste, et L’appel du fleuve retrace ainsi les derniers instants, les rêves inassouvis, et l’appel incessant du Saint-Laurent, qui habita son œuvre.
En trois parties
Dans le récit biographique, Louise Bail organise ses recherches en trois parties à commencer par «Pierre», sur ses origines, sa jeunesse, sa formation à l’Université de Montréal, jusqu’à sa rencontre avec celle qui deviendra son épouse, Yolande Simard.
La deuxième partie, «Yolande» aborde cette femme de Baie-Saint-Paul qui lui «inoculera le fleuve dans son ADN».
«L’œuvre» est le résultat de l’un et de l’autre, car Yolande l’aura soutenu «dans sa famille comme dans sa carrière, participant même à ses recherches dans le Grand-Nord arctique dans les dernières années de sa vie», explique Mme Bail.
«Les deux premiers volets, biographiques, ont été pensés comme les racines du troisième volet, l’œuvre, en espérant que j’aie pu en révéler le sens», relève-t-elle.
La veuve de Pierre Perrault souhaitait un livre où l’on rendrait hommage «aux motivations et aux visions de son mari en s’écartant des recherches de type universitaire qui lui sont habituellement consacrées», relate Mme Bail.
Grâce à l’ouvrage de Mme Bail sur le parcours de la musicologue Maryvonne Kendergi, Yolande Simard a estimé que l’autrice pouvait accomplir ce souhait.
L’appel du fleuve a été nourri des archives qui lui ont été léguées, du Fonds Pierre Perrault de l’Université Laval, des correspondances, des films et des écrits de Perrault
Bien reçu
L’autrice se réjouit des commentaires positifs et enthousiastes que lui ont partagé des lecteurs. «Ma lecture est lente; c’est pour faire durer le plaisir et ne manquer aucun détail de la vie de cet homme qui m’impressionne beaucoup», lui a-t-on écrit.
Un autre lecteur évoque son écriture riche et solide et voit L’appel du fleuve comme une référence importante pour quiconque veut découvrir Pierre Perrault.
«J’ai commencé hier la lecture de L’appel du fleuve, que je trouve passionnant et qui m’a donné le goût de revoir tous les films de Pierre Perrault, relève un lecteur. C’est original, bien écrit, et ça comble un vide sur la personnalité et les intentions de ce grand poète et cinéaste.»
Louise Bail est humaniste, musicologue et écrivaine. Cette titulaire d’un doctorat en études et pratique des arts a consacré plusieurs ouvrages à des figures marquantes de la culture et de la musique québécoises. Sa biographie de Maryvonne Kendergi, La musique en partage, a reçu le prix Maxime-Raymond en 2005.
Paru aux Éditions de la francophonie, L’appel du fleuve a fait l’objet d’un lancement le 18 juin à la bibliothèque Montarville-Boucher-De La Bruère.
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