Des dizaines de manifestants se sont rassemblés le 26 octobre au quai de Contrecœur pour dénoncer à nouveau le projet d’agrandissement du Port de Montréal. Le rassemblement avait pour thème C-NON, en référence à la loi C-5 du gouvernement fédéral de Mark Carney, qui permet d’accélérer les projets «d’intérêt national» et de contourner les lois de protection environnementales.

Hélène Reeves, la porte-parole du mouvement Vigie citoyenne Port de Contrecœur, à l’origine de l’initiative, estime que le bilan est positif. «Nous avons rencontré près de 200 personnes et avons eu une couverture médiatique importante. Nous avons eu des échanges d’une valeur inestimable et nous nous sommes mis en lien afin de mieux nous retrouver très prochainement.»

«Ce qui est grave, ajoute-t-elle, c’est que le port de Contrecœur va détruire une partie de l’habitat du chevalier cuivré en installant une mesure de compensation à l’île aux Bœufs qui n’a pas fait l’objet d’une consultation des scientifiques.»

Au lendemain de l’événement, le directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Canada, Alain Branchaud, a opiné. «Le gouvernement fédéral tourne les coins ronds et contourne ses propres lois dans le dossier du projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur. La ligne rouge a été franchie la semaine dernière alors que l’Administration portuaire de Montréal a obtenu le feu vert pour réaliser un projet visant compenser la destruction de l’habitat essentiel du chevalier cuivré.»

«Or, on apprend aujourd’hui que ce projet de compensation entraînera lui aussi la destruction d’une partie de l’habitat essentiel de l’espèce. Pour ajouter l’insulte à l’injure, ce projet de compensation n’a même pas fait l’objet d’une consultation publique, comme le prévoit la loi fédérale sur l’évaluation d’impact.»

«Nous demandons au gouvernement fédéral de se ressaisir et de reprendre l’analyse des impacts environnementaux du projet de compensation et de respecter ses obligations de consultation du public.»

«Unique au Québec, le chevalier cuivré est inscrit sur la tristement célèbre liste rouge des espèces en voie de disparition dans le monde. La science, le principe de précaution, la rigueur et le sens des responsabilités doit rapidement s’inviter dans ce débat», a-t-il martelé.