Le gouvernement fédéral a récemment autorisé l’Administration portuaire de Montréal (APM) à détruire 1872 mètres carrés d’habitat essentiel du chevalier cuivré dans le cadre d’un projet visant à créer de nouveaux habitats compensatoires pour cette espèce menacée. Cette autorisation a suscité la controverse, menant à une motion du Bloc québécois pour obtenir des réponses sur le processus décisionnel.
La branche québécoise de la Société pour la protection de la nature et des parcs demande pour sa part la suspension immédiate du permis donnant le feu vert aux travaux d’aménagements compensatoires, ainsi qu’une enquête de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada pour que la lumière soit faite dans ce dossier.
Rappelons que le mégaprojet de terminal de conteneurs à Contrecœur, estimé à plus de 1,6 G$, nécessite le dragage du lit du fleuve sur 156 000 mètres carrés, soit environ 20 terrains de soccer. Cela détruira une partie de l’habitat essentiel du chevalier cuivré, une espèce en voie de disparition protégée par la Loi sur les espèces en péril.
Afin d’obtenir le permis nécessaire à ce dragage, l’APM doit mettre en œuvre des mesures de compensation. Elles consistent à construire des digues de roches de plus de 600 mètres le long de l’île aux Bœufs pour créer des herbiers aquatiques.
Toutefois, la construction de ces ouvrages pour créer de nouveaux habitats nécessite elle-même l’autorisation de détruire 1872 mètres carrés d’habitats d’alimentation existants du chevalier cuivré, comme l’a souligné Le Devoir dans son édition du 4 novembre.
Il est à noter que la destruction d’habitats essentiels est interdite par la loi, sauf si une autorisation fédérale est obtenue. Celle-ci a été accordée en vertu d’une disposition de la Loi sur les pêches qui accorde une certaine latitude à la ministre responsable.
Le gouvernement fédéral assure pour sa part avoir respecté la Loi sur les espèces en péril et les procédures en accordant le permis, soutenant que le plan de compensation aura des «effets positifs» à terme pour le chevalier cuivré.
Controverse autour des habitats compensatoires pour une espèce menacée


Est-ce qu’il est toujours possible de penser réussir à protéger notre environnement tant que nous n’auront pas notre pays? le premier ministre du Canada connait davantage la culture Anglaise que celle du Québec.