Pour Sébastien Bernier, 37 ans, le karting a longtemps été un loisir partagé avec son père. «J’ai commencé vers 7 ou 8 ans, juste pour le plaisir. Deux, trois, quatre fois par année», raconte le Bouchervillois. Rien ne laissait croire qu’un jour, il s’alignerait sur une grille de départ aux côtés de pilotes professionnels venus des quatre coins du monde. Et pourtant, il revient tout juste de Bahreïn où il représentait la Canada au prestigieux championnat mondial Rotax.
Il y a à peine quelques années, M. Bernier pratiquait encore le karting de façon récréative. Tout a basculé lorsqu’un ami, plus expérimenté, l’encourage à s’y investir sérieusement. «On m’a dit ‘’toi, il faut que tu t’y mettes’’. Je me suis acheté ma machine et j’ai commencé à m’entraîner.»
À 33 ans, il entreprend sa première «vraie» saison compétitive. Un âge tardif dans ce milieu où la majorité des pilotes commencent avant l’adolescence, mais ça ne l’a jamais freiné.
Il progresse rapidement, si bien qu’en 2024, il remporte le championnat canadien dans la catégorie Masters (32 ans et plus), et décroche l’un des deux précieux billets réservés aux pilotes du pays pour le championnat mondial à Bahreïn.

L’envergure du défi
À Bahreïn, il est impressionné par les infrastructures professionnelles, la qualité impeccable des pistes, la rigueur extrême du championnat. Mais il doit aussi s’adapter à ce nouvel environnement, dont un nouveau châssis, et des conditions très différentes de celles du Québec.
«Sur les 36 pilotes de ma catégorie et provenant du monde entier, on était seulement deux Canadiens», précise-t-il.
Il se retrouve donc sur la même grille que les meilleurs pilotes australiens, néo-zélandais, sud-américains… et même Rubens Barrichello, ex-pilote de Formule 1. «Il roulait dans ma catégorie. C’était impressionnant de se retrouver à côté de lui», commente M. Bernier.

Une compétition formatrice
M. Bernier ne se cache pas. Il n’a pas obtenu un classement de tête. Le niveau était tout simplement phénoménal. «Les gars devant, ce sont des professionnels. Ils gagnent leur vie avec le karting. Ils font ça partout dans le monde.»
Mais pour lui, l’objectif était ailleurs. Il désirait apprendre, progresser, mesurer sa place dans l’élite, et il en est ressorti grandi. «C’était vraiment enrichissant. J’ai appris tellement de choses, des ajustements, des techniques. C’était exceptionnel.»
Un rêve réalisé
Le Bouchervillois parle ainsi du défi de se mesurer à des pilotes dont plusieurs cumulent trois fois plus d’expérience que lui. «Juste rouler avec eux ça te force à te dépasser. Il fallait être à 100% tout le temps.»
S’il ne revient pas avec un trophée, il revient avec une immense fierté, celle d’avoir tenu sa place parmi les meilleurs pilotes de sa catégorie et d’avoir réalisé un rêve qu’il croyait hors de portée. Il a terminé au 23e rang sur 36 participants.
«D’être là, à Bahreïn, c’était une expérience exceptionnelle que je ne suis pas prêt d’oublier.»



Très beau reportage et Félicitations Sébastien 🏎️🇨🇦