L’organisme Sécurité ferroviaire Rive-Sud a sonné l’alarme lors d’une conférence de presse, le 14 janvier, en dénonçant ce qu’il qualifie d’angle mort majeur dans le projet d’expansion du port de Montréal à Contrecœur, dont la mise en service est prévue en 2030. Si le projet est désormais confirmé par le gouvernement du Canada comme une priorité nationale, l’organisme estime que les impacts humains liés à l’augmentation du trafic ferroviaire ont été largement négligés jusqu’à présent.
Selon l’organisme, l’aménagement du nouveau terminal portuaire entraînera une hausse significative du nombre de convois ferroviaires empruntant le tronçon Sorel du CN, qui traverse plusieurs municipalités densément peuplées, soit Saint-Lambert, Longueuil, Boucherville, Varennes, Verchères, Contrecœur, Sorel et Tracy. On anticipe jusqu’à 700 wagons par jour circulant sur une infrastructure ferroviaire qui ne compte actuellement qu’une seule voie, déjà fortement sollicitée, précise le porte-parole de Sécurité ferroviaire Rive-Sud, François Beaulne.
Il rappelle que si de nombreuses études ont porté sur les impacts environnementaux, notamment sur les milieux naturels, la faune aquatique (le chevalier cuivré, une espèce de poisson menacée et unique au Québec), et la coupe d’arbres, l’aspect humain du projet demeure absent du débat public.
«La sécurité, la qualité de vie, le bruit, les vibrations, les interruptions de circulation et la cohabitation quotidienne avec des trains plus longs et plus fréquents n’ont jamais été discutés à la hauteur des enjeux», soutient-il.
Avec l’ouverture du terminal, le transport de 1,15 million de conteneurs par année viendra s’ajouter sur ce même corridor ferroviaire. Les convois pourraient atteindre jusqu’à 100 wagons, incluant des conteneurs à double étage, obstruant fréquemment les passages à niveau en milieu urbain pendant huit à dix minutes, fait savoir M. Beaulne. À cela s’ajoute une augmentation importante du transport par camion sur l’autoroute 30, ainsi qu’une hausse anticipée de 50 à 75% du volume de matières dangereuses transportées, selon une étude de préfaisabilité réalisée en 2010.
À Boucherville, la situation est jugée particulièrement préoccupante. La voie ferrée traverse un vaste secteur résidentiel sur plus de 5,5 kilomètres, à proximité d’écoles, de résidences pour aînés et de nombreuses habitations. En cas d’incendie ou d’urgence majeure, la présence de trains immobilisés pourrait avoir des conséquences dramatiques, avertit l’organisme.
Sécurité ferroviaire Rive-Sud demande officiellement au CN de rendre publique toute stratégie de desserte ferroviaire liée au terminal de Contrecœur, ainsi que l’ensemble des études d’impact portant sur la sécurité et les conséquences humaines et sociales du projet. L’organisme rappelle que, puisque le CN est responsable de l’acheminement des marchandises du port, le gouvernement fédéral a également le devoir de s’assurer que cette croissance s’effectue dans des conditions sécuritaires, modernes et respectueuses des communautés.
Sans s’opposer au développement économique ni à l’exploitation du port, l’organisme réclame l’ouverture d’un véritable débat public sur un réaménagement global du réseau ferroviaire, intégré à une nouvelle vision d’aménagement du territoire. Il cite notamment une étude de préfaisabilité réalisée en 2019 par la firme Norda Stelo pour la Ville de Boucherville, rendue publique en 2021, qui identifiait cinq tracés alternatifs possibles près de l’axe de l’autoroute 30 afin d’éloigner la voie ferrée des zones habitées.
Toutefois, une étude de faisabilité complète pourrait coûter près de 2M$. C’est une somme hors de portée pour une municipalité comme Boucherville. Pour l’organisme, il est urgent que les gouvernements s’emparent du dossier et financent une analyse approfondie axée sur les nuisances humaines et les enjeux de sécurité.
Au cours des prochaines semaines, Sécurité ferroviaire Rive-Sud prévoit analyser les résultats d’un sondage réalisé par la Ville l’automne dernier sur les préoccupations citoyennes, puis lancer une campagne d’information et de sensibilisation auprès des populations locales et des différents paliers gouvernementaux. L’objectif est d’obtenir des prises de position claires des élus municipaux, provinciaux et fédéraux avant que le projet n’entre dans une phase irréversible.
«Poursuivre l’augmentation des activités ferroviaires sans plan stratégique clair, dans les conditions actuelles, serait insensé et irresponsable», conclut François Baulne, rappelant que des tragédies comme celle de Lac-Mégantic doivent servir de leçon.


Bravo pour l’article!
Ouiiii je suis très inquiète de l’énorme impact qu’aura l’agrandissement du port de Contre-Coeur, dans mon cartier à Boucherville.
Je suis dans la zone de la voie ferrée.
J’adore mon cartier il est très paisible malgré le train .
C’est juste pas possible autant de matière dangereuse qui passeront jour après jour
près très près de nos maisons, nos écoles,nos garderies nos commerçants,
et la liste est longue.
Le risque est énorme !
L’inquiétude sera omniprésente!
Le projet est inadapté à l’échelle humaine et environnementale !
Maintenant que le projet a le vent dans les voiles.
Que faire… partir?
Boucherville était une véritable pépite !
Il y a périls en la demeure.
Le projet est destructeur pour nous et la faune.
Très peu d’emplois une centaine mais beaucoup de profits dans les poches des
Multinationales .
Je suis TRÈS d’accord avec ce commentaire!! J’aimerais que la VILLE DE BOUCHERVILLE nous offre l’occasion d’un sondage à cet effet.