La Ville de Boucherville a modifié son règlement d’emprunt afin d’ajouter 4,7 M$ au financement du futur centre multisports, actuellement en construction. Cette somme vise à couvrir les imprévus en cours de chantier, un élément qui n’avait pas été budgété lors de l’adoption du règlement initial.

Les travaux du centre multisports ont débuté à l’automne 2024. À l’origine, le projet était évalué à 44 474 629$ taxes incluses, soit environ 40 M$ en coûts nets pour la Ville, qui récupère une partie des taxes (10 %).

Aucun budget prévu pour les imprévus au départ
En entrevue à La Relève, le directeur général de la Ville de Boucherville, Roger Maisonneuve, mentionne que le règlement d’emprunt adopté au départ ne prévoyait aucune enveloppe pour les imprévus.

«Naturellement, il y a toujours des imprévus qui surviennent en cours de chantier, soit des modifications, des ajustements, des situations non anticipées. Or, au moment de l’adoption du règlement d’emprunt initial, aucune somme n’avait été prévue à cette fin», explique-t-il au journal.

L’ajout de 4,7M$ vise donc à permettre à la Ville de poursuivre les travaux sans interruption, en attendant le règlement final des comptes à la fin du contrat, souligne-t-il.

Retard du projet et pénalités possibles
Parmi les principaux éléments couverts par cette somme figurent les conséquences du retard d’un an du projet. Ce délai avait été imposé pendant que la Ville attendait une réponse concernant une subvention qui, finalement, n’a pas été accordée.

À l’époque, l’entrepreneur avait évalué les pénalités potentielles liées à ce retard entre 1,6 et 2,3 M$, un enjeu qui avait d’ailleurs fait l’objet d’un reproche de l’Autorité des marchés publics (AMP) à l’endroit de la Ville

«Ces pénalités potentielles font partie des éléments qu’on devra régler à la fin du contrat», précise M. Maisonneuve.

Problèmes techniques sur le chantier
L’enveloppe de 4,7 M$ servira également à couvrir certains travaux correctifs réalisés en cours de chantier. L’été dernier, lors de l’installation de colonnes d’acier, le sol s’est affaissé, obligeant à refaire une partie des travaux.

«Il y a eu des litiges pour déterminer qui était responsable : les professionnels, le maître d’œuvre ou l’entrepreneur. Mais les travaux devaient être faits pour que le chantier avance. La Ville a donc payé les montants, en attendant de déterminer, à la fin du contrat, qui devra en assumer les coûts», note le directeur général.

La répartition finale de ces dépenses ne sera connue qu’au moment de la finalisation du contrat, prévue en janvier 2027.

Un ajout jugé conforme aux normes
Selon la Ville, le montant des imprévus demeure dans la norme pour un projet de cette envergure.

«On parle d’environ 10 à 12% du coût global du contrat. Dans le milieu de la construction, les imprévus se situent généralement entre 5 et 15%. On est loin de certains projets où les dépassements atteignent 50%», affirme M. Maisonneuve.

Avec l’ajout de cette somme, le coût maximal du projet se situe actuellement entre 40 et 44,7 M$ taxes nettes (ou 49 174 629$ toutes taxes incluses). La Municipalité bénéficiant d’un remboursement d’environ 10% des taxes.

Un règlement d’emprunt, pas une dépense immédiate
M. Maisonneuve informe que l’adoption du règlement d’emprunt modifié n’implique pas un déboursé immédiat.

«Le règlement d’emprunt sert à donner la capacité financière de réaliser les travaux. Le financement se fait beaucoup plus tard. En temps et lieu, on verra si ce règlement est financé en tout ou en partie», révèle le directeur général.

Livraison prévue en janvier 2027
Les travaux du centre multisports doivent se terminer en décembre 2026, pour une ouverture prévue en janvier 2027.

Dans sa phase 1, le centre accueillera notamment du soccer intérieur, du pickleball, de la pétanque, du football, du baseball intérieur (entraînement) et une piste de marche et de course intérieure.

Le terrain principal, divisé en trois sections, pourra être reconfiguré afin d’accueillir différentes disciplines, notamment grâce à un plancher réversible permettant la pratique du badminton, du pickleball ou de la pétanque.

La phase 2, si elle se concrétise, viserait l’aménagement d’une palestre destinée à la gymnastique ainsi qu’à des sports comme le volleyball, le basketball et le badminton.

La Ville prévoit présenter aux élus, d’ici la mi-mars, les propositions d’horaires et de répartition des plages d’utilisation pour les différents organismes sportifs.