Afin de faire face à la crise du logement et à la demande croissante en unités d’habitation abordables, la Ville de Boucherville étendra la densification douce à tous les quartiers.
Après une première phase amorcée l’an dernier dans certains secteurs ciblés, la municipalité s’apprête maintenant à élargir la mesure qui permet de convertir en logement à louer, les sous-sols et les seconds étages des résidences familiales, à l’ensemble de son territoire.
En 2025, le règlement d’urbanisme avait été modifié afin de permettre, dans certaines parties des districts 2 (Rivières-aux-Pins), 3 (Des Découvreurs) et 6 (Saint-Louis), la transformation de sous-sols ou l’ajout d’un deuxième étage pour aménager un logement indépendant. L’objectif était d’offrir de nouvelles options résidentielles aux jeunes familles, aux aînés et aux ménages à la recherche d’un logement plus abordable.
Un avis de motion a été déposé le 26 janvier afin de permettre les logements accessoires dans l’ensemble de la ville, à l’exception des projets intégrés et, pour le moment, du Vieux-Boucherville. Ce quartier pourrait toutefois être inclus dans une phase ultérieure.
Selon le projet de règlement, un logement accessoire pourra être aménagé dans une habitation unifamiliale à condition que le bâtiment soit situé à l’intérieur du périmètre d’urbanisation, qu’il ne fasse pas partie d’un site patrimonial cité, qu’il ne soit pas soumis à des contraintes de sécurité publique et qu’il ne soit pas intégré à un projet immobilier d’ensemble (condos). Le bâtiment devra également être de type isolé ou jumelé.
Boucherville n’autorise toutefois pas la construction de maisonnette sur les terrains.
L’adoption finale du règlement est prévue pour le 16 février.
La Ville estime que cette mesure contribuera à augmenter l’offre de logements locatifs sur son territoire, alors que ceux-ci demeurent peu nombreux.
Actuellement, Boucherville compte 1 696 logements locatifs répartis dans 139 immeubles multifamiliaux de plus de quatre unités, excluant les résidences pour personnes âgées, alors que le taux d’inoccupation est très faible.
Au-delà de l’ajout de logements, la densification douce pourrait aussi offrir un soutien financier à certains propriétaires, en leur permettant de générer un revenu d’appoint tout en conservant leur résidence.
Le maire de Boucherville, Jean Martel, avait déjà qualifié cette approche de solution partielle à la crise du logement et aux enjeux d’accessibilité à la propriété. Dans un contexte où les prix des maisons demeurent élevés, cette mesure pourrait élargir l’éventail de possibilités pour les jeunes ménages.
Le directeur général de Boucherville, Roger Maisonneuve, indique que la Ville a reçu plusieurs demandes de renseignements de la part de citoyens à ce sujet.
Initialement lancée à titre de projet pilote, la densification douce s’apprête ainsi à devenir une pratique étendue à presque tout le territoire bouchervillois.
Notons que quelques municipalités au Québec ont déjà adopté des règlements autorisant les logements accessoires, ou sont en train de le faire, notamment Sainte-Catherine (une des premières à l’avoir fait), Mont-Saint-Hilaire, Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Amable, Chambly et Longueuil qui est en réflexion.

