Le 10 février, la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) et le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) ont déposé une poursuite en Cour fédérale contre la ministre des Pêches afin de protéger l’habitat essentiel protégé du chevalier cuivré, une espèce en voie de disparition

Au début de l’année, le ministère des Pêches et des Océans a délivré un permis en vertu de la Loi sur les espèces en péril et de la Loi sur les pêches autorisant l’Administration portuaire de Montréal (APM) à détruire une partie de cet habitat essentiel afin de donner le feu vert au projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur.

Me Anne-Julie Asselin, qui représente la SNAP Québec et le CQDE dans ce dossier, estime pour sa part que cette autorisation est «déraisonnable et contraire aux dispositions de la Loi sur les espèces en péril».

«Le principe de précaution et les connaissances scientifiques doivent impérativement continuer de guider la mise en œuvre de la Loi sur les espèces en péril. C’est sur cette base et alors qu’il est au bord du gouffre, que le chevalier cuivré jouera son ultime combat en Cour fédérale», a averti Alain Branchaud, biologiste et directeur général à la SNAP Québec par voie de communiqué.

«La protection du chevalier cuivré n’est pas qu’une question morale : c’est aussi une obligation légale. Nous estimons que la loi n’a pas été respectée; les conditions pour l’octroi d’un permis en vertu de la Loi sur les espèces en péril n’ont pas été remplies et la démonstration que toutes les solutions alternatives raisonnables ont été considérées n’a pas été faite», a renchéri Geneviève Paul, directrice générale du CQDE.

Échec coûteux?

Par ricochet, le CQDE et la SNAP Québec veulent aussi que la population ne fasse les frais d’un «nouvel échec coûteux, tant sur le plan économique qu’environnemental» dans ce dossier.

Ils estiment que le promoteur du projet et le gouvernement fédéral n’aurait pas fait la démonstration que toutes les alternatives au projet d’expansion à Contrecœur ont été considérées, notamment avec les autres infrastructures portuaires canadiennes existantes.

Rappelons que ce projet entraînerait la destruction de 18 800 mètres carrés d’habitat essentiel du chevalier cuivré. L’APM a proposé de son côté plusieurs mesures d’atténuation qui ont été approuvées par Pêches et Océans Canada.

Quant au nouveau terminal, il pourrait coûter jusqu’à 2,3 G$ et il devrait entrer en service en 2030, si tout se passe tel que prévu toutefois.