Le 4 mars 2008, les pompiers de Varennes sont appelés sur les lieux d’un feu qui fait rage dans une grande maison unifamiliale. Trois d’entre eux descendent au sous-sol, où semble se trouver le foyer de l’incendie. Deux seulement en sortiront. Le pompier volontaire Mathieu Émond, 26 ans et père d’une petite fille de moins d’un an, manque à l’appel. Il ne sera jamais oublié.
«Jamais oublié! Salut Math, 18 ans aujourd’hui et toujours autant dans nos pensées. Ta famille de la caserne», est-il inscrit sur la page Facebook de l’Association des pompiers de Varennes 29, en témoignage de leur collègue parti trop vite.
Il y a 18 ans, les pompiers ont répondu à l’appel d’un couple dont la maison était la proie des flammes, vers 23h30 dans la nuit de lundi à mardi. Voyant le feu prendre de l’ampleur, un ordre est lancé aux combattants pour leur dire de sortir avant que l’immeuble ne s’effondre. Mathieu Émond est retrouvé le lendemain matin vers 8h sous les décombres.
Appareil respiratoire défectueux
Des enquêtes du coroner, policière et de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) ont été ouvertes par la suite. Elles devaient notamment déterminer la cause de l’incendie, évaluer les procédures d’intervention des pompiers et l’état du matériel utilisé.
Presque un an plus tard, la CSST a présenté son rapport en indiquant que cette mort aurait pu être évitée. Il y aurait eu un manque flagrant de formation et de supervision dans l’utilisation d’appareils de protection respiratoire.
Dans le rapport, on indiquait également que le pompier n’avait pas reçu la formation ainsi que l’entraînement nécessaires, et il n’avait pas les équipements spécialisés pour effectuer un sauvetage.
Lors de l’intervention, Mathieu Émond aurait manqué d’air lorsqu’une valve de son appareil respiratoire s’est fermée accidentellement. Il aurait alors enlevé son masque et il s’est rapidement effondré. Il est décédé d’une intoxication au monoxyde de carbone.
La CSST avait blâmé la Ville de Varennes à l’époque et l’avait mise à l’amende, lui reprochant, entre autres, d’avoir agi de manière à «compromettre la sécurité de ses travailleurs».
18 ans plus tard : le pompier Mathieu Émond n’a jamais été oublié

