Un deuxième appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM) à l’hôpital Pierre-Boucher permettrait de venir à bout de la liste d’attente en un an, estime le docteur Grégoire Bernèche. En attendant, le docteur et ses collègues se désolent d’attendre pour un appareil qui serait aussi crucial pour faire avancer les dossiers médicaux.

À l’occasion d’une conférence de presse sur la nécessité d’avancer le dossier de l’IRM le 16 mars, le Dr Bernèche a donné un exemple vécu le matin même.

«C’est un patient chez qui on soupçonnait un cancer de la prostate. Je regarde la date d’examen demandé : septembre 2024! Ça fait 18 mois que ce patient, chez qui on suspecte un cancer, est en attente d’une résonance magnétique, qui a démontré son cancer!» a-t-il témoigné.

«Un délai radiologique, c’est un délai du dossier médical. Un patient qui a peut-être une masse cancéreuse au foie, qui attend sa résonance magnétique, ça se peut qu’il soit trop tard lorsqu’il passe son examen», a-t-il ajouté en entrevue au Courrier du Sud.

Pour le docteur, la dégradation de la situation médicale d’un patient pendant qu’il attend son examen est l’une des principales conséquences des longues listes d’attente. Il a également cité le coût social de ces longs délais, comme ceux reliés aux arrêts de travail.

Problème connu

Le problème des délais pour les examens en IRM n’est pas nouveau. En fait, le ministère de la Santé et des Services sociaux avait autorisé l’ajout d’un deuxième appareil en octobre 2023.

«L’équipement a été réservé dans le cadre d’un appel d’offres regroupé et demeure chez le fournisseur en attente d’installation», indique le CISSS de la Montérégie-Est par courriel.

Le problème est que la mise en service nécessite des travaux d’aménagement d’environ 2 M$, à financer à même l’enveloppe immobilière du CISSS. Et qu’en raison «de capacités d’investissement limitées à l’échelle du réseau», les ressources disponibles ont été dirigées «vers les projets essentiels à la sécurité des usagers, à la conformité des installations et à la continuité des services», souligne le CISSS.

Celui-ci affirme que le projet de deuxième IRM «demeure actif et inscrit aux exercices de priorisation».

Trois demandes

Débloquer les fonds nécessaires pour installer l’IRM est l’une des trois demandes que l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a formulées durant la conférence du 16 mars.

L’organisation a aussi demandé l’ouverture de postes de nuit – un processus qui avait été amorcé en mai 2025 avant d’être «bloqué par les budgets» – ainsi que la mise en place d’un plan de relève pour les appareils dont la fin de vie approche.

L’essentiel du message s’adressait à Santé Québec, la société d’État chargée de coordonner les opérations du réseau de la santé.

Selon les chiffres présentés par le syndicat, la majorité des patients attendent de 6 mois à 2 ans pour un examen diagnostique. Dans la dernière année, à l’hôpital Pierre-Boucher, 10 500 demandes d’examen ont été reçues et 9000 examens ont été réalisés.

«Nous sommes donc dans le négatif et la liste d’attente ne cesse d’augmenter», a exprimé Louka Eakes-Fortin, coordonnatrice de la résonance magnétique.

Celle-ci a estimé que l’ouverture de postes de nuit permettrait de réaliser jusqu’à 4000 examens de plus.

Un deuxième appareil, lui, permettrait de venir à bout de la liste d’attente en un an, croit Dr Bernèche. «[Moins d’attente], ça permet aussi des traitements beaucoup moins morbides et chirurgicaux, et moins de chimiothérapie pour les cas de cancer qu’on a trop attendu», a-t-il noté.