«Présence d’un trou de 30 à 40 cm de profondeur», «Éclatement de la réparation entre les poutres 2 et 3», «Possible défoncement de la dalle», «Désagrégation et éclatement très important avec armature corrodée»… Le rapport d’inspection du pont de la route Marie-Victorin surplombant la rivière Saint-Charles est des plus préoccupants, d’autant plus que son état est évalué comme étant pire que celui du pont de la Sauvagine à Châteauguay, dont une partie du tablier s’est subitement effondré le 4 mars dernier…

«Délaminage, désagrégation et éclatement très important avec armature corrodée», est-il indiqué dans le rapport de 2025 du MTMD. (Photo : gracieuseté MTMD)
À la suite d’une inspection par le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), un chiffre entre 0 et 100 attribué à une infrastructure afin d’indiquer son indice de condition de la structure (ICS). Plus l’indice est bas, plus le pont est vulnérable.

Pour sa part, le pont de la Sauvagine à Châteauguay a un ICS de 37,5. Une partie du tablier du pont s’est subitement effondré, forçant d’urgence sa fermeture, le 4 mars dernier. Le pont à Varennes a un ICS encore plus bas, soit 30,5, ce qui en fait l’un des indices les plus préoccupants au Québec. Il est dépassé seulement par le pont d’étagement sur la route 132, au-dessus de la route 207, à Kahnawake, avec un ICS de 25,1.

Le rapport de 2025 du ministère fait état de «Présence d’un trou de 30 à 40 cm de profondeur», «Éclatement de la réparation entre les poutres 2 et 3», «Possible défoncement de la dalle». (Photo : gracieuseté MTMD)
À Varennes, la dernière inspection générale du MTMD a eu lieu le 29 juillet 2025. On précise au début du rapport de 57 pages : «Selon l’indice de condition générale, le pont nécessite des travaux majeurs». Le pont à poutres en béton armé 07878 (son identifiant) a été construit en 1953, il y a plus de 70 ans. Chaque jour, pas moins de 1 750 véhicules le franchissent, que ce soit autos, camions ou autobus scolaires, comme nous avons pu le constater lors de notre passage, le 18 mars.
Des patrouilleurs surveillent
À la suite de ces constatations, La Relève a demandé au MTMD si l’infrastructure figurait parmi les projets inscrits à la planification du Ministère. «Un projet de reconstruction est en préparation. L’échéancier des travaux et le détail des interventions pourront être précisés lors des prochaines étapes du projet», a indiqué la conseillère en communication au MTMD, Karine Abdel.
«Le pont est sécuritaire et, d’ici à sa reconstruction, des patrouilleurs circulent régulièrement sur le réseau pour repérer toute anomalie qui surviendrait», a-t-elle ajouté.

