Les conseillers municipaux indépendants Carine Durocher et Gaétan Marcil ont proposé une rencontre avec les autres conseillers afin de discuter des mesures à prendre «pour préserver la confiance de la population envers leur conseil municipal et leur Ville». Au moment d’écrire ces lignes, le journal La Relève a appris que les autres élus au conseil municipal auraient accepté la rencontre, mais que la date de cette réunion n’aurait pas encore été dévoilée.

Par voie de communiqués, les deux élus se disent grandement préoccupés par la situation. Lors de la parution d’un premier article du Journal de Montréal à ce sujet, le 16 février, Carine Durocher et Gaétan Marcil ont alors demandé une enquête sur la question à la Commission municipale du Québec (CMQ).

La conseillère Carine Durocher. (Image: capture d’écran)

Ils se disent persuadés que cette demande à la CMQ sera entendue, même si l’organisme n’a pas encore confirmé la recevabilité de leur requête. Les démarches entreprises par le journal La Relève à ce sujet n’ont pas permis non plus d’obtenir de confirmation à ce sujet.

La porte-parole de la CMQ, Anne-Julie Lefebvre, nous avait précisé par courriel : «Comme le traitement des divulgations de la Commission est confidentiel, il nous est impossible de confirmer ou d’infirmer l’existence d’une divulgation ou d’une enquête concernant un élu, une municipalité ou un organisme. La confidentialité des enquêtes de la Commission assure la bonne marche de celles-ci.»

Le conseiller indépendant Gaétan Marcil. (Image: capture d’écran)


Préserver la confiance

Pour sa part, Carine Durocher croit qu’il est temps pour le conseil municipal d’intervenir dans ce dossier. «Les gens n’aiment pas ce qu’ils lisent ce matin et ils sont inquiets. Nous sommes au début d’un mandat de quatre ans et une perte de confiance de la population pourrait avoir de graves conséquences pour notre ville.»

«Personne ne doit être condamné seulement sur la base d’allégations, mais les citoyennes et citoyens doivent avoir confiance en leurs élu(e)s, ce qui sera difficile tant que l’enquête n’aura pas eu lieu et que les faits ne seront pas établis. Le pouvoir au sein d’une municipalité repose sur l’ensemble du conseil municipal et non sur le maire uniquement», a-t-elle ajouté.

«Comme l’a mentionné Rémi Trudel dans l’article paru ce matin, les conseillères et conseillers municipaux sont appelés à se positionner. J’espère que mes collègues accepteront de tenir une rencontre et de discuter de différentes options, pour l’intérêt des gens que nous représentons», tout en leur demandant de mettre de côté leurs intérêts partisans au bénéfice de l’intérêt collectif.

Pas au courant de l’avis juridique

De son côté, le conseiller indépendant Gaétan Marcil déplore que lui et le conseil municipal d’il y a six ans n’aient pas été informés des conclusions de l’avis juridique commandé par la Ville en 2020, contrairement à ce qui aurait été écrit dans l’article. Cet avis juridique indiquerait que le maire de Varennes semble avoir utilisé des informations privilégiées pour négocier de son côté l’achat d’un terrain stratégique.

«En 2020, au moment des faits allégués, j’aurais aimé avoir accès à l’avis juridique publié par le Journal de Montréal ce matin. Contrairement à ce qui est rapporté, le conseil municipal n’a pas été informé de l’existence de ce document ni des craintes que semblaient avoir certains membres du personnel de la Ville», s’est-il insurgé.

«C’est désolant et ça soulève d’autres questions. J’ai pris connaissance de l’avis au cours des dernières semaines, tout comme mes collègues, et je suis grandement préoccupé. Il est temps que toute la vérité soit connue dans ce dossier. Ce n’est pas positif pour personne à Varennes d’être confronté à ce type de nouvelle», a-t-il déploré.

«Nous ne pouvons pas rester muets face à cette situation désolante. Nous avons le devoir d’intervenir pour défendre celles et ceux qui nous ont élus», a conclu Mme Durocher.