Dans une longue publication Facebook réagissant aux articles du Journal de Montréal le concernant, le maire Martin Damphousse dit n’avoir aucune information concernant la tenue d’une enquête de l’UPAC ou de la Commission municipale du Québec à Varennes. Il se défend également de tout conflit d’intérêt dans ce dossier controversé et il a donné sa version attendue des faits.
Il a dans un premier temps avoué que les dernières semaines ont été «difficiles et éprouvantes» pour lui et sa famille «qui n’a pas fait le choix de faire de la politique», puis, dans ses explications, le maire a priorisé cinq enjeux.
«En date du mercredi 8 avril 2026, je n’ai aucune information qu’une enquête de l’UPAC ou de la Commission municipale du Québec soit en cours. D’ailleurs, en date du 7 avril, l’Administration de la Ville de Varennes confirmait la même chose.» Il a aussi ajouté : «Lorsqu’un article du journal, en date du 1er avril, titre que l’UPAC ‘‘débarque à Varennes’’, on doit s’interroger sur la fiabilité de ce type de reportage».
Il a aussi tenu à préciser si la Ville «a été lésée dans la transaction d’une pointe du terrain de M. Dalpé? La réponse est claire, pas du tout».
«L’objectif de la Ville était de faire l’acquisition d’une parcelle du terrain de M. Dalpé afin de permettre la construction d’une future rue, toujours absente, qui facilitera la construction des projets de caserne et du développement domiciliaire à venir. Elle a procédé à l’acquisition nécessaire à son projet, au prix convenu avec le propriétaire.»
Évaluation marchande
Un autre des points soulevés par le maire est : «Est-ce que M. Dalpé a été lésé dans la vente d’une parcelle de son terrain et de la vente de sa résidence à ma fille et son conjoint par la suite?»
«Je connais M. Dalpé depuis très longtemps, c’est un ancien conseiller municipal de Varennes. Au mois d’avril 2020, et la date est très importante, M. Dalpé m’informait qu’il désirait vendre sa maison. Il savait que ma fille et son conjoint espéraient revenir vivre à Varennes puisque c’est moi qui lui avais mentionné.»
Le maire a souligné que M. Dalpé avait demandé une évaluation marchande de sa résidence à des évaluateurs agréés. «Ce document, reçu le 2 juin, a été remis à ma fille et elle le possède encore aujourd’hui. La valeur marchande de la maison est établie à 355 000$ et les parties s’entendent sur ce montant. En 2020, l’évaluation municipale de cette résidence était de 278 000$.»
Le couple est alors en mesure de déposer une offre d’achat sans condition financière et celle-ci est acceptée par M. Dalpé le 6 août.
Durant la même période, la Ville négociait avec M. Dalpé pour l’acquisition d’une parcelle de son terrain. «M. Dalpé nous avait informé dès le mois d’avril, de la délimitation approximative de ce triangle que la ville convoitait. Cela ne posait pas de problème pour l’achat de sa résidence.»
«Finalement, en additionnant la vente de cette parcelle de terrain à la Ville et la vente de sa résidence à ma fille et son conjoint, M. Dalpé a conclu les transactions pour un montant de 383 000$. L’ensemble de ses chiffres est accessible au public.»
Des informations confidentielles?
Martin Damphousse a aussi déclaré qu’en «aucune façon» sa fille et son conjoint ont été favorisés pour l’achat de leur résidence par sa fonction de maire.
«J’ai agi en bon père de famille en informant M. Dalpé de l’intention de ma fille de revenir vivre à Varennes et c’est lui qui m’informait de son intention de vendre sa résidence. Ma fonction de maire n’a rien eu à voir avec l’achat de la résidence de ma fille.»
«Et finalement: Comme maire de Varennes, ai-je utilisé des informations confidentielles de la Ville pour favoriser l’acquisition de la résidence de M. Dalpé par ma fille et son conjoint? Encore une fois, la réponse est non.»
«Cependant, le 22 juin 2020, lors d’une séance d’un conseil extraordinaire, j’avise le directeur général que, selon moi, la dimension de la parcelle de terrain que la ville s’apprête à acquérir de M. Dalpé diffère des informations que nous avions obtenu de lui lors des visites de sa propriété. Ce point à l’ordre du jour est alors reporté pour ce seul motif, à des fins de vérifications.»
Il a ajouté que c’est le 17 août 2020, lors d’une séance du conseil, que l’achat de la parcelle de terrain de la bonne dimension, définie par M. Dalpé, est adopté par le conseil.
«Pour ce point, j’annonce au conseil, que même si je n’ai pas d’intérêt pécuniaire dans l’achat de la résidence de M. Dalpé par ma fille et son conjoint, je décide de me retirer de cette décision pour éviter toute apparence de conflit d’intérêt.»
«Je le rementionne à nouveau, ce sont des informations que j’ai obtenues de M. Dalpé lors de nos visites chez lui, qui ont permis à toutes les parties prenantes d’éviter des différents. Il ne s’agit pas d’informations privilégiées reçues de la Ville dans le cadre de mes fonctions.»
Deux avis d’avocat
Il a aussi affirmé : «Dès le début, sur recommandation de la direction de la Ville, j’ai consulté un avocat, expert en éthique, quant à la posture que je devais adopter. Ce dernier a confirmé dans deux avis, l’un en 2020 et l’autre en 2022, que je ne m’étais pas placé en situation de conflit d’intérêts. De plus, par éthique et professionnalisme, j’ai tenu compte et appliqué les recommandations de cet expert.»
Puis, il a conclu ses précisions en écrivant : «Votre soutien et votre confiance sont grandement appréciés et demeurent essentiels dans cette période de turbulence».
Varennes: le maire Damphousse donne sa version des faits

