Au lendemain de la diffusion de la version du maire de Varennes sur sa page Facebook, La Relève a pu mener une entrevue avec lui afin d’obtenir d’autres informations sur le sujet et de clarifier certains éléments soulevés dans cette controverse.

Dans un premier temps, le maire a dit se sentir «beaucoup mieux» après avoir précisé plusieurs faits dans son message, tout en rappelant que les dernières semaines ont été éprouvantes pour lui et sa famille.

«Il est clair que les gros titres des journaux, malheureusement, influencent beaucoup la perception des gens», a-t-il déclaré en rappelant que le gros titre : L’UPAC débarque à Varennes, a causé un certain choc. «Tu comprends de ça que l’UPAC sort des employés de l’hôtel de ville et là, ils fouillent, ils vont chercher ce qu’ils ont besoin», alors qu’il n’en était rien. 

«Ce n’est pas vrai et la preuve de tout ça, c’est écrit à la fin de l’article : «On a voulu vérifier, valider, puis malheureusement, on a aucune confirmation de ça», a-t-il indiqué en réaffirmant qu’il n’a aucune information qu’une enquête de l’UPAC ou de la Commission municipale du Québec, soit présentement en cours.

Nombreuse réactions

Au lendemain de sa publication, on dénombrait près de 400 réactions et plus de 100 commentaires, la grande majorité en appui au maire. Par contre, des citoyens se sont entre autres demandé si le vendeur, Jacques Dalpé, savait que le conseil allait approuver la création d’une nouvelle rue et qu’ainsi, la valeur de son terrain allait augmenter de façon significative?

«M. Dalpé a montré à Marie-Charlotte [sa fille], et j’étais là, «Voici le terrain dont on est en train de discuter pour que la ville l’acquiert» […] Ce n’est pas une information confidentielle que j’apprends de la Ville. C’est l’inverse. Je savais avant que ça arrive au conseil», a-t-il fait valoir.

«Puis là, ça fait en sorte que, quand j’ai vu le triangle [le terrain de forme triangulaire] que la Ville voulait acheter, j’ai dit : Il me semble qu’il ne ressemble pas au triangle que M. Dalpé nous a parlé. Donc c’est juste à cause de ça que j’ai demandé à Sébastien [Roy, le directeur général] de reporter le point [à l’ordre du jour de la séance extraordinaire] et non de bloquer. Bloquer, ça aussi c’est un titre qui est gros et exagéré», a-t-il ajouté.

Un avis juridique

La Relève lui a alors rappelé le passage d’un avis la firme DHC Avocats de 2020 indiquant qu’il se serait placé en position de conflit d’intérêt dans ce dossier : «Le fait que le maire ait entamé des négociations avec le propriétaire au moment même où la Ville avait réussi à s’entendre avec celui-ci et qu’une résolution était sur le point d’être adoptée lors de la séance du 22 juin 2020 démontre, selon nous, une certaine utilisation de l’information confidentielle de la Ville par Monsieur le Maire.»

«Est-ce qu’il est vrai que j’ai déposé une offre d’achat à M. Dalpé avec mon épouse, la réponse est oui, a rétorqué le maire, c’est écrit puis je l’ai dit. […] Mais c’est en attendant que Marie-Charlotte vende sa maison de Contrecœur pour qu’elle puisse déposer son offre et être remplacée par la mienne. M. Dalpé était au courant de ça et il était d’accord avec ça.»

«La preuve, c’est que dans l’avis juridique à la Ville, vers la fin, ce qui est important de lire, c’est dans les conclusions. [L’avis] dit que c’est à partir du 6 août que M. Dalpé a accepté une offre d’achat de ma fille et son conjoint, donc, la mienne et celle de mon épouse n’existe plus. Et dans ces circonstances-là, il n’y a pas de conflits d’intérêt de la part du maire parce qu’il n’y a plus d’intérêts pécuniers. Ça aussi c’est clairement indiqué.»

Sa signature sur une demande

Certains citoyens ont également critiqué le fait que la signature du maire apparaît sur la demande de lotissement afin de séparer le terrain en deux et vendre un des lots à la Ville.

«C’est une question qu’on m’a posée ce matin [en entrevue avec Patrick Lagacé] : En sachant tout ça Monsieur le maire, est-ce que vous auriez fonctionné différemment à certaines étapes? Puis j’ai dit oui, lorsque j’ai fait la demande à la Ville pour ma fille. […] Je suis à l’hôtel de ville. C’est dans le but d’être facilitant envers la démarche. […] Est-ce que je referais ça? Je dirais à ma fille : vas-y toi-même. C’est une initiative que j’ai prise pour aider ma fille», a-t-il souligné.

Le maire s’attend bien sûr à ce qu’il y ait plusieurs questions au sujet de cette controverse lors de la prochaine assemblée publique le 13 avril et il dit qu’il pourra alors clarifier d’autres points à ce moment.