La divulgation récente de la carte du potentiel d’intégration d’énergie éolienne sur le réseau de transport d’électricité d’Hydro-Québec a suscité bien des interrogations et des inquiétudes dans la région, car un des 12 sites qu’on y retrouve est le territoire de Varennes-Contrecœur, qui aurait un potentiel d’intégration de 500 mégawatts.
Cette carte a donc généré son lot d’interrogations dans un premier temps, d’autant plus qu’en octobre dernier, la MRC de Marguerite-D’Youville – qui étudiait la possibilité de développer un projet éolien depuis 2024 – a été avisée que Transports Canada avait conclu que les sites potentiels pour l’implantation d’éoliennes sur son territoire étaient «inacceptables».
«En effet, compte tenu des opérations aériennes dans cette zone qui en est une d’entraînement aérien, cela compromettrait la sécurité des pilotes», a tranché Transports Canada. L’organisme a par la suite transmis sa décision à Nav Canada, une société à but non lucratif chargée du contrôle sécuritaire du trafic aérien civil dans l’espace aérien canadien.
Au courant?
Le journal La Relève a donc fait valoir cet élément central à Hydro-Québec, et c’est la conseillère stratégique et porte-parole, Paule Veilleux-Turcotte, qui a fait le point sur la question.
«L’appel d’offres d’Hydro‑Québec couvre plusieurs secteurs dans le sud du Québec, dont Varennes‑Contrecœur, sur la base de critères strictement techniques de raccordement au réseau. Il s’agit de secteurs où une capacité de raccordement est disponible à moindre coût; cela n’intègre pas les enjeux réglementaires, environnementaux ou de sécurité aérienne, comme ceux identifiés par Transports Canada dans la MRC de Marguerite‑D’Youville.»
«Cette carte du potentiel d’intégration d’énergie éolienne illustre donc uniquement le potentiel de raccordement au réseau de transport et ne tient pas compte de l’acceptabilité sociale, ni des autres contraintes non techniques; elle ne signifie pas non plus que des projets seront réalisés dans ces secteurs.»
Elle a de plus rappelé que : «L’acceptabilité sociale demeure un critère central et se traduit, dans cet appel d’offres, par des exigences bonifiées visant à favoriser une meilleure intégration des projets dans les milieux concernés.»
Acceptabilité sociale
La Relève a par la suite fait part de ses interrogations au directeur général de la MRC de Marguerite-D’Youville, Sylvain Berthiaume, qui a répondu de façon très précise à la question : «La position de la MRC est claire, on ne construira pas d’éoliennes [sur le territoire de la MRC].»
Il a précisé que la publication de la carte d’Hydro-Québec en vue d’une mise en service entre 2031 et 2035 a suscité plusieurs questions en ce sens lors de l’assemblée publique subséquente à la MRC ou lors d’appels téléphoniques.
Hydro-Québec a précisé dans son appel d’offres que «seuls les projets appuyés par une résolution des municipalités concernées pourront être réalisés» et M. Berthiaume a rappelé que les six maires et mairesses de la MRC ont déjà fait une croix sur de tels projets éoliens.

