La Société du patrimoine de Boucherville (SPB) demande à la Ville de revoir son projet de règlement permettant l’ajout de logements accessoires dans la majorité des zones résidentielles du Vieux-Boucherville, estimant que la mesure pourrait transformer progressivement le caractère et la qualité de vie du secteur patrimonial.

Dans un communiqué de presse émis à la suite de l’assemblée de consultation tenue le 27 avril, l’organisme affirme reconnaître la pression actuelle liée à l’habitation et la nécessité de réfléchir à de nouvelles formes de densification. Il juge toutefois que le règlement 2026-290-54, dans sa forme actuelle, soulève plusieurs enjeux importants.

«Le Vieux-Boucherville n’est pas un quartier comme les autres. Il s’agit d’un milieu d’exception dont la valeur repose sur la cohérence de son ensemble, mais aussi sur un équilibre délicat entre espace privé, paysage et vie collective. Toute transformation doit être abordée avec prudence», soutient le président de la SPB, Daniel Michelin.

Selon l’organisme, l’ajout de logements accessoires dans des maisons unifamiliales ne représente pas simplement une modification réglementaire, mais il introduit une transformation graduelle de l’occupation du territoire. La SPB estime que cette densification pourrait avoir des impacts sur l’intimité des résidents, l’aménagement des terrains et l’environnement immédiat.

La Société du patrimoine souligne également que les expériences menées ailleurs à Boucherville ne peuvent être appliquées automatiquement au Vieux-Boucherville, en raison des particularités du secteur. Elle évoque notamment une trame urbaine plus ancienne, une densité déjà importante et des enjeux liés au stationnement.

L’organisme craint aussi les effets cumulatifs du règlement, notamment la multiplication d’escaliers extérieurs, d’entrées secondaires et d’espaces de stationnement aménagés en façade. À son avis, ces changements pourraient, à long terme, modifier le paysage urbain et le caractère patrimonial du quartier.

La SPB considère par ailleurs que le projet protège surtout certains immeubles classés, sans tenir suffisamment compte de la valeur d’ensemble du tissu villageois et des espaces privés qui contribuent à l’identité du Vieux-Boucherville.

Parmi ses recommandations, l’organisme propose une application différenciée du règlement selon la sensibilité patrimoniale des secteurs, un encadrement plus

strict des modifications visibles depuis l’espace public, ainsi mécanisme permettant d’évaluer les impacts cumulés des interventions.

La Société du patrimoine affirme enfin vouloir poursuivre le dialogue avec la Ville afin de trouver un équilibre entre les besoins en habitation et la préservation du cadre de vie.

Réaction de la Ville

Questionnée à ce sujet, la Ville de Boucherville indique qu’elle analysera d’abord le mémoire avant de commenter davantage. «Les élus doivent d’abord prendre connaissance du mémoire qui a été déposé par la Société du patrimoine de Boucherville lors de l’assemblée publique de consultation qui se déroulait tout juste avant la dernière séance publique du 27 avril dernier. Pour le moment, la Ville n’émettra donc aucun commentaire à cet effet, le temps d’analyser ce dernier», a fait savoir la cheffe de service Communications et relations publiques, Josianne Marcotte.