Tout juste revenue du Marathon de Londres, où des dizaines de milliers de coureurs ont envahi les rues de la capitale anglaise, Martine Dandoy ne ralentit pas. À bientôt 69 ans, la Bouchervilloise continue d’enchaîner les kilomètres avec le même enthousiasme qu’à ses débuts. Mais derrière les marathons prestigieux et les longues sorties d’entraînement, il y a surtout une passion profondément humaine, celle de courir pour le plaisir, pour le bien-être… et surtout en famille. Avec ses filles, ses gendres, son conjoint et même ses petits-fils, la course est devenue un véritable mode de vie.
Martine Dandoy a une énergie impressionnante. Celle qui s’apprête à participer au prestigieux Marathon de New York est devenue, au fil des années, une véritable source d’inspiration dans le milieu de la course à pied à Boucherville.
Pourtant, rien ne la destine à devenir marathonienne quand elle commence à courir en 2010, à l’âge de 53 ans.
«On [elle et son conjoint] courait un coin de rue puis on était essoufflés. On ne pensait jamais un jour faire ça», raconte-t-elle en riant. Le déclic survient quelques années plus tard, lors d’un défi familial de 10 kilomètres à Montréal. Ses filles, ses gendres et son conjoint participent avec elle. Ce premier défi devient rapidement le point de départ d’une passion qui transformera sa vie.
«Après un 10 kilomètres, on disait qu’on ne ferait jamais un demi-marathon. Après le demi, on disait qu’on ne ferait jamais un marathon. Puis finalement, on l’a fait.»
Depuis, Martine Dandoy a complété 16 marathons, dont plusieurs des plus prestigieux au monde. Son tout premier, au Marathon d’Ottawa, demeure toutefois celui qui l’a le plus marquée.
«Un premier marathon, il faut le courir dans le bonheur, explique-t-elle. Il ne faut pas viser un temps ni se mettre de pression si on veut aimer ça.» Cette philosophie l’accompagne encore aujourd’hui. Au fil des années, elle a couru les marathons de de Boston, de Berlin, de Chicago et tout récemment de Londres, où près de 60 000 coureurs étaient réunis. «C’est impressionnant. La foule est incroyable et l’organisation est exceptionnelle», souligne-t-elle. Elle est arrivée au 7e rang dans sa catégorie.
En novembre prochain, elle prendra le départ du Marathon de New York, un autre des six marathons majeurs mondiaux. Il ne lui manquerait ensuite que Tokyo pour avoir couru tous les grands maratons internationaux les plus prestigieux.
«Le Japon, c’est très difficile. On ne peut pas se qualifier. Il faut un tirage au sort ou passer par des levées de fonds importantes», explique-t-elle.
Courir avec les siens
Mais au-delà des exploits sportifs, ce qui distingue surtout Martine Dandoy, c’est l’aspect profondément humain et familial de sa passion. Ses filles, ses gendres, son conjoint et même ses petits-fils courent avec elle. Les sorties de course sont devenues des moments de rassemblement familial. «On court ensemble les fins de semaine», raconte-t-elle avec fierté. L’un de ses petits-fils, Raphaël, aujourd’hui âgé de 15 ans, a même expliqué dans une présentation scolaire qu’il s’était mis à courir en voyant sa grand-mère s’entraîner. «Chaque fois que j’y pense, ça me touche», confie-t-elle.
Retraitée depuis quelques années, Martine Dandoy est aussi devenue coach de course. Elle accompagne désormais d’autres coureurs dans leur préparation et fait partie de l’équipe d’entraîneurs du club de course CCC de Boucherville, fondé par Marc Langevin.
«Mon objectif, c’est aussi d’accompagner des gens qui veulent faire un premier marathon », dit-elle. Pour elle, la clé demeure l’encadrement et l’esprit de groupe. «Il ne faut pas faire ça tout seul. Il faut rejoindre un groupe, s’entourer, participer. C’est motivant et on se fait des amis.»
Même à près de 69 ans, elle court encore six jours par semaine. Lors des périodes d’entraînement intensif avant un marathon, ses longues sorties atteignent parfois 30 kilomètres. Sa discipline impressionne, mais Martine Dandoy insiste surtout sur les bienfaits que la course lui apporte au quotidien. «On est mieux après la course qu’avant la course, résume-t-elle. Ça apporte un vrai bien-être.» Et malgré les années, elle n’a jamais songé à arrêter. «Mon plus grand souhait, c’est de courir jusqu’à 80 ans.» Pour y arriver, elle sait toutefois qu’elle devra apprendre à ralentir un peu.
Mais une chose demeure certaine. Pour sa famille, pour les coureurs qu’elle accompagne et pour plusieurs citoyens de Boucherville, Martine Dandoy représente bien plus qu’une marathonienne. Elle est devenue un modèle de constance, de passion et de dépassement de soi.

