Après avoir suspendu l’adoption du règlement le mois dernier à la suite des inquiétudes soulevées par la Société du patrimoine de Boucherville (SPB), la Ville de Boucherville ira finalement de l’avant avec l’autorisation des logements accessoires dans le Vieux-Boucherville, mais de façon limitée et expérimentale.

Le conseil municipal a adopté un règlement prévoyant un projet pilote d’une durée d’un an. La mesure permettra un maximum de trois demandes d’aménagement de logements accessoires dans le secteur patrimonial avant qu’une réévaluation soit effectuée par la Ville.

Lors de la séance du conseil du 25 mai, le maire Jean Martel a indiqué que cette décision faisait suite aux préoccupations exprimées par la SPB lors de l’assemblée publique de consultation tenue le mois précédent.

«On a décidé, à la suite des préoccupations énoncées, de limiter à seulement trois demandes le projet», a-t-il expliqué.

Le maire a aussi tenu à préciser que le règlement ne permettra pas l’ajout de nouveaux bâtiments accessoires dans le Vieux-Boucherville. «Il n’est aucunement question d’ajouter des bâtiments accessoires, contrairement à ce que certains ont peut-être pu croire ou penser. On ne touche pas à l’enveloppe extérieure», a-t-il affirmé.

Les logements accessoires pourront notamment être aménagés au sous-sol ou au second étage d’une résidence, à condition de disposer d’une entrée indépendante.

Le dossier avait suscité des préoccupations de la part de la SPB, qui craignait une transformation graduelle du cadre de vie et du caractère patrimonial du quartier.

L’organisme demandait notamment un encadrement plus strict et une approche adaptée à la réalité particulière du Vieux-Boucherville.

Le directeur général de la Ville, Roger Maisonneuve, a par ailleurs indiqué à <@Ri>La Relève<@$p> que l’intérêt pour ce type d’habitation demeure jusqu’ici limité sur le territoire bouchervillois.

Selon lui, seulement trois demandes de logements accessoires ont été déposées à ce jour dans les autres secteurs de la ville.

Réaction de la SPB

La Société du patrimoine de Boucherville (SPB) dit prendre acte du projet pilote, reconnaissant l’approche limitée et expérimentale adoptée par la Ville afin d’évaluer les impacts réels d’une telle mesure avant toute décision plus permanente.

L’organisme estime toutefois qu’une consultation publique plus approfondie aurait été souhaitable afin de mieux débattre des impacts possibles sur le Vieux-Boucherville.

La SPB dit également ne pas avoir reçu l’analyse promise par la Ville à la suite de son mémoire et s’interroge sur l’absence apparente de consultation du Comité consultatif du Vieux-Boucherville.

Elle affirme qu’elle suivra attentivement l’évolution du projet pilote, tout en rappelant l’importance de concilier adaptation résidentielle et protection du patrimoine.

«Cela exige une approche mesurée, cohérente et fondée sur une vision à long terme de ce qui fait la valeur unique du Vieux-Boucherville», conclut Daniel Michelin, président de la SPB.