Une histoire qui semblait trop folle pour être vraie. Lorsque des citoyens ont publié, samedi matin, une photo d’un kangourou en liberté sur la page Facebook Les Banlieusardises bouchervilloises, plusieurs ont d’abord cru à une plaisanterie. Pourtant, l’histoire était bien réelle.

L’information a rapidement été confirmée et a même été rapportée par plusieurs médias, dont le Journal de Montréal et TVA. L’animal exotique, détenu illégalement, se serait échappé d’une écurie de Boucherville vendredi après-midi.

Selon des informations obtenues par l’agence QMI, une informatrice de Galahad SPCA aurait aperçu l’animal plus tôt cette semaine lors d’une visite dans une écurie où elle cherchait une pension pour ses chevaux. Le kangourou se trouvait alors dans un enclos.

Du côté de Sauvetage Animal Rescue, le premier signalement reçu vendredi soir avait été accueilli avec beaucoup de scepticisme. « Quelqu’un nous a appelés sur notre ligne d’urgence pour nous dire qu’un kangourou — ou un wallaby — courait dans le secteur de Boucherville. On était convaincus que c’était un canular », raconte Éric Dussault, directeur général de Sauvetage Animal Rescue dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

L’appel avait donc d’abord été classé comme non fondé. Ce n’est que le lendemain matin, lorsqu’une information provenant de la Faune a confirmé qu’une intervention était en cours pour retrouver un kangourou en liberté à Boucherville, que les bénévoles ont réalisé que la situation était bien réelle.

Il explique que la situation a pris une tournure inattendue alors qu’il s’apprêtait à intervenir sur le terrain. Arrivé à Boucherville, il se préparait notamment à accorder des entrevues aux médias lorsque, quelques secondes avant une intervention en direct à la télévision, il a reçu un appel l’informant que les agents de la faune ne permettraient pas à son équipe de capturer l’animal.

Selon les informations qui lui ont été transmises, toute personne non autorisée qui tenterait de capturer le kangourou risquait de recevoir une amende. Cette décision a provoqué une grande déception chez les intervenants, qui avaient pourtant préparé un plan d’intervention comprenant du matériel spécialisé, comme un fusil tranquillisant, fléchettes anesthésiantes, un drone et même l’aide de pilotes d’hélicoptère. « Tout ce qu’on avait prévu, on ne pourra pas le faire », résume-t-il, indiquant que l’équipe se sentait impuissante face à la situation.

Après avoir échangé avec un agent de la faune, qu’il dit connaître depuis plusieurs années, il affirme avoir reçu l’explication suivante : en vertu des règles applicables, seul le propriétaire légal de l’animal pourrait récupérer celui-ci, puisqu’il est considéré comme son bien. Le propriétaire ne pourrait pas simplement déléguer cette responsabilité à un organisme de sauvetage.

Pour qu’une autre organisation puisse légalement intervenir, elle devrait obtenir un permis de science, d’études et de gestion (SEEG), une autorisation qui nécessite la préparation d’un dossier détaillé décrivant la méthode de capture, les mesures de sécurité et l’ensemble du plan d’intervention, explique M. Dussault.

La demande doit ensuite être analysée par des biologistes du ministère avant d’être soumise au processus d’approbation. M. Dussault souligne que cette procédure peut prendre plusieurs jours, ce qui, selon lui, la rend peu adaptée à une situation d’urgence comme celle d’un animal exotique en liberté.

Le kangourou demeurait introuvable encore lundi matin. Par ailleurs, Luc Desroches, photographe amateur qui a aperçu le kangourou dans un champ de Boucherville, dont il préfère taire l’emplacement exact afin de protéger l’animal,  a indiqué au journal avoir parlé lundi matin avec la propriétaire du terrain concerné. Selon les informations qu’il a obtenues, cette dernière aurait reçu un appel des agents de la faune l’informant que des cages seraient installées dans la journée afin d’amorcer les opérations de capture. Toutefois, ces informations n’ont pas encore été confirmées officiellement, puisque les représentants de la faune n’avaient pas encore donné suite à notre demande d’information au moment de publier.

L’animal qui se retrouve dans un environnement qui n’est pas le sien, pourrait être désorienté et stressé. Sa présence à proximité des routes et dans des secteurs habités soulève également des inquiétudes de sécurité, notamment le risque d’être happé par un véhicule ou de subir les conséquences de son errance.