Le 8 juillet, Proanima a dû prendre en charge de façon urgente 50 chats qui vivaient dans un même logement à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le lendemain, le centre de services animaliers a accueilli 21 autres chats abandonnés sur un terrain de Boucherville. Le genre de défis qui arrive une à deux fois par année normalement, mais qui demande une grande mobilisation pour l’organisme.
Coordonnatrice aux communications chez Proanima, Patricia Durocher explique que l’équipe avait également accueilli une quarantaine de chats d’un coup au printemps dernier.
À chaque occasion, juste de ramener les chats au refuge de Boucherville présente ses défis, d’autant plus quand il faut les ramener d’un seul coup, comme ce fut le cas pour les 50 chats du 8 juillet.
«C’a été un travail très difficile à faire. Arrivé sur place, ce n’était pas une belle situation. Il peut y avoir des odeurs, les chats sont souvent très craintifs, ils n’ont pas été beaucoup socialisés. Donc, c’est de les trouver – ils sont très bons pour se cacher! – de les manipuler alors qu’ils ne veulent rien savoir. Quand on en a 50, on parle de plusieurs heures à intervenir», explique-t-elle.

Puis viennent le transport et l’arrivée au refuge, où ils sont tous examinés un à un. L’organisme s’assure par exemple qu’ils n’ont pas de maladies contagieuses.
«On avait peut-être déjà une centaine de chats, donc on les a ajoutés à quelque chose de déjà intense. En plus c’est arrivé en fin de journée! Mais tout le monde s’est dit : ok, il faut les accueillir. Et là, on en a déjà qui sont prêts pour l’adoption quelques jours plus tard», poursuit la coordonnatrice.
Parmi tous ces chats, une seule femelle avait une infection. «Grosso modo, ce sont surtout des chats terrorisés, mais qui ne sont pas malades.»
Amassement compulsif
Comment peut-on se retrouver avec 50 chats son logement? Mme Durocher compare ces situations avec ceux qui cumulent les objets.
«C’est toujours délicat. Souvent, la personne n’est pas mal intentionnée, il peut y avoir des problèmes de santé mentale associés à ça, un peu comme quelqu’un qui fait de l’amassement compulsif, mais avec les chats. Je ne parle pas de ce cas-là précis, mais souvent, ça arrive que les gens soient vraiment démunis, vraiment tristes de perdre leurs animaux. C’est un peu une perte de la réalité. Ce sont vraiment des situations très tristes», décrit-elle.

Dans certaines situations, l’organisme peut retirer un certain nombre d’animaux à la fois afin d’amoindrir le choc pour la personne ou prendre en charge les animaux, mais en remettre quelques-uns stérilisés, selon la réglementation municipale en vigueur.
L’équipe de Proanima n’est d’ailleurs pas seule pour ce genre d’intervention. Elle est souvent accompagnée par des agents de police ou les services sociaux.
En pleine campagne d’adoption
Si dans les deux cas des derniers jours, 71 chats ont été accueillis au refuge, la bonne nouvelle est que Proanima était déjà en pleine campagne d’adoption. La période estivale est toujours la plus forte sur le plan des chats abandonnés.
«Ça adonnait qu’on était en événement d’adoption parce qu’on était déjà pas mal plein. On a communiqué avec tous nos abonnés par l’infolettre et les réseaux sociaux pour les informer de la situation. Pour avoir des dons d’argent aussi parce qu’on va utiliser énormément de ressources. Puis honnêtement, on a été époustouflés par la réaction. Plein de gens qui sont venus et ont dit : on vient pour adopter dans les 50 chats», souligne Mme Durocher.
Ceux-ci étaient majoritairement des adultes, contrairement aux 21, où l’on trouvait une majorité de chatons. «Des chatons, c’est quand même facile à placer. Puis ils sont beaux et en santé, alors ça devrait bien aller pour eux», note la coordonnatrice.
Elle précise que même durant les campagnes comme celle-ci, les gens sont rencontrés pour s’assurer que les chats aillent dans des familles faites pour eux.
«Les gens qui vont venir les chercher vont être avisés que ce ne sera pas facile tout de suite, que ces chats sont vraiment timides. Mais c’est vraiment touchant de voir que les gens répondent à l’appel», soutient-elle.

