Une importante phase de construction en eau est en cours dans le cadre du projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur. En parallèle à ce vaste chantier, un projet de construction d’un nouveau terminal portuaire à Sorel-Tracy est susceptible, à terme, d’augmenter le trafic sur la voie ferrée qui traverse Boucherville. Dans un tel contexte, Vigie citoyenne Port de Contrecœur rappelle l’importance de prendre part aux audiences publiques du Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE), les 8 et 9 septembre prochain à Sorel-Tracy.  

La voie ferrée concernée par le projet d’un nouveau terminal portuaire à Sorel-Tracy appartient au Canadien National (subdivision Sorel) et ce tracé relie directement Sorel-Tracy à la région métropolitaine de Montréal. Il traverse entre autres les secteurs urbanisés et agricoles de Varennes et Boucherville.

Le projet de terminal portuaire de QSL International dans le Saint-Laurent à la hauteur de Sorel-Tracy intègre des liaisons intermodales pour des marchandises manutentionnées (vrac, acier, engrais) qui peuvent être acheminées ou redistribuées par train.

Selon l’étude d’impact et le résumé de l’étude d’impact de l’initiateur dans le développement de son projet: «L’approvisionnement en acier pour les besoins de construction de la grande région de Montréal est également anticipé. Fort d’un historique de construction navale et de pièces surdimensionnées, la région de Sorel est fortement mobilisée pour participer aux chantiers de construction navale de la compagnie Davie et de favoriser le transport maritime courte distance entre Sorel et Lévis, ce que pourrait faciliter le projet de nouveau quai».

Audiences publiques du BAPE

Pour sa part, l’organisme Vigie citoyenne Port de Contrecœur a rappelé que la tenue d’un BAPE sur le projet d’un nouveau terminal portuaire à Sorel-Tracy constitue «une étape cruciale pour porter la voix des citoyens et des organisations du milieu».

«Les arguments documentés et la mobilisation citoyenne restent les meilleurs leviers pour exiger la transparence, soulever des questions de fond – notamment sur la biodiversité fluviale, la qualité de vie ou la pertinence globale de la multiplication des infrastructures portuaires – et faire contrepoids aux discours industriels», a indiqué la porte-parole de l’organisme, Hélène Reeves.

Cette audience publique du BAPE est divisée en deux parties et se tiendra à la salle Victoria, Traversy Traiteur, 180, rue Victoria, à Sorel-Tracy, aussi en direct sur le site Web.

Les 8 et 9 septembre prochains sont des séances de la première partie de l’audience afin de permettre aux participants, ainsi qu’aux membres de la commission de poser des questions pour s’informer sur le projet. Elle se tient en présence de l’initiateur du projet et de personnes-ressources provenant de ministères ou organismes.

La deuxième partie est l’occasion pour toute personne ou municipalité, tout organisme ou groupe de s’exprimer sur le projet, que ce soit verbalement ou à l’écrit. Elle débutera le 6 octobre prochain et toutes les informations et modalités pour y participer seront annoncées bientôt.

Traffic maritime en expansion

L’Administration portuaire de Montréal (APM) a confirmé le 14 août le lancement des travaux en eau sur le site de son projet d’expansion à Contrecœur. Conformément à la planification prévue, cette nouvelle étape marque le début officiel de cette importante phase de construction, tout en clôturant les travaux préparatoires réalisés depuis l’automne 2025.

(Photo : gracieuseté APM)

Cette nouvelle phase en eaux comprend notamment l’aménagement d’une jetée de travail et la construction du quai, ainsi que de ses infrastructures maritimes. Quant aux travaux de dragage, ils devraient débuter en 2027.

L’APM indique par voie de communiqué que le lancement de cette nouvelle étape s’appuie sur plusieurs mois de travaux préparatoires, qui ont permis entre autres de réaliser l’installation des clôtures de chantier; l’aménagement des routes d’accès; la construction des plateformes de travail; une «coupe ciblée d’arbres»; l’installation des bureaux et des garages de chantier.

De son côté, la Société pour la nature et les parcs – SNAP Québec, souligne dans son nouveau livre blanc que, «depuis 1990, les marchandises manutentionnées dans les ports du Québec ont augmenté de 65 millions de tonnes (+72 %), tandis que la capacité moyenne des porte-conteneurs a été multipliée par cinq.»

L’organisme de défense de l’environnement affirme que «cette croissance exerce une pression constante sur un Saint-Laurent déjà fragilisé et limité» et appelle à une transformation de l’économie maritime québécoise.

De son côté, le Comité pour la protection des berges du Saint-Laurent, se dit également inquiète de ce constat, qui a un effet visible sur le littoral du fleuve.