Le maire Jean Martel veut des engagements pour une nouvelle école primaire, le transport collectif et un lien cyclable et piétonnier sur le pont Louis-Hippolyte-La Fontaine.

À l’approche des élections provinciales, le maire de Boucherville a déjà ciblé les dossiers qu’il entend soumettre à tous les candidats. Il affirme vouloir demeurer neutre et impartial et présenter les mêmes demandes à tous les candidats, peu importe leur formation politique.

 «Je suis d’abord et avant tout le maire de la Ville de Boucherville. Ma priorité, c’est de faire avancer nos dossiers, que nos besoins, les besoins de la population, soient bien satisfaits par le palier provincial», affirme-t-il en entrevue à La Relève.

S’il devait retenir trois grandes priorités, Jean Martel cite la construction d’une nouvelle école primaire à Boucherville, un plus grand financement du transport collectif, issu entre autres du Fonds vert du gouvernement, incluant les navettes fluviales, et son projet coup de cœur, soit un lien multifonctionnel sur le pont Louis-Hippolyte-La Fontaine menant à l’île Charron et au parc national des Îles-de-Boucherville.

Une nouvelle école de 24 classes

La construction d’une nouvelle école primaire dans les secteurs Harmonie et du Boisé figure parmi ses principales demandes. La Ville conserve déjà un terrain lui appartenant près du centre multifonctionnel Francine-Gadbois, qu’elle juge approprié pour accueillir une école de 24 classes. Le terrain a fait l’objet de discussions avec le Centre de services scolaire des Patriotes et serait, selon le maire, pratiquement entièrement fonctionnel pour le projet.

«Ce qu’il faut d’abord et avant tout, c’est que le ministère de l’Éducation accorde des crédits pour cette nouvelle école», explique Jean Martel. La Ville serait également prête à participer financièrement à certains aménagements. Le maire évoque notamment la possibilité d’investir de 1 à 2 M$ pour permettre la construction d’un gymnase plus grand, qui pourrait aussi répondre aux besoins d’organismes sportifs en dehors des heures de classe.

 Le transport collectif, un dossier urgent

Si Jean Martel devait identifier le dossier le plus urgent, c’est toutefois le transport collectif qu’il placerait au sommet de la liste. La raison : il craint que les difficultés financières du réseau entraînent des réductions de services, alors que les citoyens sont plutôt habitués à entendre parler d’une augmentation nécessaire de l’utilisation du transport en commun.

«Les gens s’attendent à de nouveaux services. On n’arrête pas de nous dire qu’il faut prendre le transport en commun. Mais la réalité, ce n’est pas ça», déplore-t-il.

 Il demande donc au gouvernement provincial de fournir du financement afin de maintenir les services actuels. Il souhaite notamment que le Fonds vert soit davantage mis à contribution.

«S’il n’y a pas l’argent du provincial, il y a des lignes qui vont fermer, des lignes que vous tenez pour acquises», prévient-il.

 Le maire ne réclame donc pas prioritairement de nouvelles lignes pour Boucherville, mais veut éviter des compressions dans le réseau existant.

Les navettes fluviales dans la mire

Les navettes fluviales occupent une place particulière dans cette revendication. Les navettes vers le Vieux-Port de Montréal et vers le parc Bellerive, dans l’est de Montréal, bénéficient actuellement d’un financement associé aux mesures d’atténuation de la congestion liées aux travaux du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, souligne Jean Martel qui souhaite que ce financement soit maintenu après la fin des travaux.

«À défaut, s’il faut en couper une, qu’on maintienne au moins celle vers le Vieux-Port de Montréal», demande-t-il. À ses yeux, cette liaison constitue autant un service de transport qu’une façon agréable de découvrir le fleuve et de se rendre à Montréal.

Son projet « coup de cœur »

Mais le dossier qui fait le plus vibrer le maire est sans contredit celui d’un lien multifonctionnel sur le pont Louis-Hippolyte-La Fontaine qui mènerait à l’Île Charron et au parc national des Îles-de-Boucherville. L’idée est d’aménager une structure permettant aux piétons et aux cyclistes de traverser le fleuve de façon permanente. Jean Martel imagine notamment un lien en porte-à-faux fixé au pont ou un réaménagement de la chaussée permettant de créer un espace réservé aux déplacements actifs.

«C’est vraiment mon projet coup de cœur, le plus grand cœur possible», affirme-t-il. Il estime qu’une telle infrastructure permettrait à beaucoup plus de citoyens d’accéder au parc national, «un joyau situé à proximité, mais qui demeure difficilement accessible autrement qu’en voiture ou en bateau».

Le maire souhaite d’ailleurs s’appuyer sur un sondage de la firme Léger qui doit être réalisé prochainement afin de mesurer l’intérêt de la population pour le projet et son intention de l’utiliser. Les résultats devraient être disponibles en septembre.

Le projet bénéficie déjà d’un certain appui régional puisqu’il figure au Plan métropolitain d’aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal, dans le volet consacré à la mobilité durable. C’est «le missing link, le lien manquant», résume Jean Martel.

La voie ferrée et l’autoroute 20

Deux autres dossiers bouchervillois feront également partie des demandes adressées aux candidats. La Ville souhaite notamment obtenir une participation financière du gouvernement provincial pour réaliser une étude de faisabilité sur le réaménagement de la voie ferrée qui traverse Boucherville.

Une étude de préfaisabilité a déjà conclu que le déplacement de la voie ferrée était techniquement envisageable, avec différents scénarios possibles.

La prochaine étape pourrait coûter plusieurs millions de dollars. Le dossier prend une importance particulière avec le développement du port de Contrecœur et l’augmentation anticipée du trafic ferroviaire. Les récents accidents ferroviaires survenus ailleurs au Québec, dont récemment à Repentigny, ont également ravivé les préoccupations de la Ville quant à la sécurité.

Boucherville souhaite par ailleurs réactiver le dossier des bretelles d’accès à l’autoroute 20 dans le secteur de Montarville. Le projet, discuté avec le ministère des Transports depuis 2010, vise notamment à réduire la congestion dans ce secteur. Plusieurs solutions avaient été étudiées, mais le dossier avait été mis en attente en raison de travaux jugés prioritaires, notamment la reconstruction du viaduc de l’autoroute 30 au-dessus de l’autoroute 20 et, plus récemment, les travaux majeurs du pont-tunnel. Avec la fin prévue de ces travaux en 2027, le maire estime que le moment est venu de relancer le projet.

Des infrastructures à protéger

Enfin, Jean Martel demande au prochain gouvernement de maintenir les programmes qui permettent aux municipalités d’investir dans leurs infrastructures. La TECQ, qui permet notamment de financer des travaux sur les rues, les réseaux d’aqueduc et d’égout, est pour lui «un incontournable». «Ça coûte une fortune de refaire les infrastructures», rappelle-t-il.

Il souhaite également le maintien des programmes d’aide aux infrastructures récréatives, sportives et de plein air ainsi que des programmes permettant à Boucherville de poursuivre l’acquisition de terrains à des fins de conservation.

Pour le maire, ces programmes représentent des partenariats essentiels entre les différents paliers de gouvernement.