À Boucherville, les adolescents ne fréquentent pas tous les mêmes endroits ni les mêmes ressources. Pour rejoindre ceux qui ne franchissent pas la porte de la Maison des jeunes <@Ri>La Piaule<@$p>, des travailleurs de milieu vont directement à leur rencontre, là où ils se trouvent.
Depuis le début de l’année, Alex et Daphnée sillonnent ainsi les écoles, les parcs, le skatepark, les commerces et différents lieux publics de Boucherville afin de créer des liens avec les jeunes de 12 à 17 ans.
Le travail de milieu complète la mission de la Maison des jeunes La Piaule, qui offre aux adolescents un lieu pour se retrouver, participer à des activités, développer leur autonomie et échanger avec des adultes significatifs.
Or, certains jeunes n’éprouvent pas le besoin de fréquenter la Maison des jeunes. Ils peuvent néanmoins être confrontés aux mêmes préoccupations et aux mêmes difficultés que leurs pairs.
«Le travail de milieu, c’est avant tout une présence humaine, explique Marie-Claude Malo, directrice de La Piaule. Notre objectif est que chaque jeune sache qu’il existe un adulte de confiance vers qui se tourner, peu importe où il se trouve.»
Être présent avant que les problèmes s’aggravent
Le rôle des travailleurs de milieu ne consiste pas uniquement à intervenir lorsqu’une situation problématique survient. Leur présence sur le terrain vise surtout à établir progressivement un lien de confiance avec les adolescents et à intervenir en prévention. Une peine d’amour, un conflit avec des amis, une mauvaise note ou le sentiment d’être rejeté peuvent prendre une importance considérable à l’adolescence.
Les travailleurs de milieu considèrent donc qu’aucune préoccupation exprimée par un jeune ne doit être banalisée. «Notre rôle, ce n’est pas de jouer à la police, explique Alex. On est là pour discuter, écouter et comprendre. Bien souvent, une conversation au bon moment évite qu’un conflit prenne de l’ampleur.»
Cette approche permet également aux jeunes de parler de leurs préoccupations sans craindre d’être jugés. «Les jeunes ont besoin de savoir qu’ils peuvent faire des erreurs sans être étiquetés, souligne Daphnée. On a tous été des adolescents. On a tous appris en se trompant. Notre rôle est de marcher un bout de chemin avec eux, pas de leur faire la morale.»
Un rôle qui dépasse les interventions auprès des jeunes
Le travail de milieu repose aussi sur la collaboration avec les différents acteurs de la communauté. Alex et Daphnée sont appelés à travailler avec les écoles, les services municipaux, les organismes communautaires, les familles et les partenaires du réseau de la santé. Lorsqu’une situation nécessite une intervention spécialisée, les travailleurs de milieu peuvent également orienter le jeune ou sa famille vers les ressources appropriées.
«À Boucherville, nous avons la chance d’avoir un réseau exceptionnel, souligne Marie-Claude Malo. Aucun organisme ne peut répondre à tous les besoins à lui seul. Notre force, c’est de nous connaître, de travailler ensemble et de mettre nos expertises en commun.»
Cette présence sur le terrain peut également être utile aux autres membres de la communauté. Un commerçant aux prises avec une situation impliquant des adolescents, un parent qui s’interroge sur le comportement de son enfant ou un citoyen préoccupé par un attroupement dans un parc peut communiquer avec l’équipe.
L’objectif demeure le même : privilégier le dialogue et la prévention afin d’éviter qu’une situation ne s’envenime. À travers leurs interventions quotidiennes, les travailleurs de milieu cherchent ainsi à créer des liens, à écouter sans porter de jugement et à rapprocher les jeunes des ressources dont ils peuvent avoir besoin.
Pour joindre l’équipe du travail de milieu : 450 449-8346 [email protected]

