Cinq ans après l’adoption de sa Politique de l’arbre, Boucherville a planté plus de 16 330 arbres principalement dans les milieux naturels et les boisés urbains municipaux, et distribué 2 252 arbres aux citoyens. La Ville consacre aujourd’hui environ 650 000$ par année en foresterie, en plus des sommes prévues pour des projets particuliers.

Outre ces arbres, la Ville possède actuellement un inventaire d’environ 20 800 arbres municipaux situés dans les emprises de rue et les parcs récréatifs. Les arbres des boisés urbains, des rives des cours d’eau et des zones agricoles ne sont par ailleurs pas dénombrés individuellement.

Une forêt plus diversifiée

La diversification des essences est devenue une priorité au fil des ans, notamment depuis la crise de l’agrile du frêne. Érables, chênes, tilleuls, féviers, ginkgos, pins blancs, micocouliers, ormes, noyers, catalpas et plusieurs autres essences sont désormais plantés sur le territoire.

«Notre stratégie est basée sur la diversité fonctionnelle des arbres et la localisation appropriée pour chaque espèce», explique la directrice générale adjointe à la Ville, Marie-Pier Lamarche.

Le choix d’une essence dépend notamment de l’endroit où elle sera plantée. Certaines espèces résistent mieux à la sécheresse, à la compaction des sols et aux sels de déglaçage et sont donc privilégiées en bordure des rues. D’autres, plus vulnérables aux bris, peuvent être utilisées dans des parcs ou des milieux naturels.

La Ville tient également compte des changements climatiques dans sa planification depuis une dizaine d’années et collabore avec des chaires de recherche afin de suivre les nouvelles connaissances dans le domaine.

L’agrile demeure une menace

L’agrile du frêne demeure toutefois le principal ravageur à Boucherville. Depuis une dizaine d’années, la Ville traite plusieurs frênes municipaux et offre aussi une aide financière aux citoyens pour le traitement de leurs arbres. L’objectif n’est pas de sauver tous les frênes, mais plutôt de ralentir leur mortalité et de remplacer progressivement les arbres qui ne survivent pas. «Il reste encore de nombreux frênes à Boucherville et malheureusement, malgré nos efforts, plusieurs mourront dans les prochaines années», prévient Marie-Pier Lamarche.

La diversification vise justement à éviter qu’un seul ravageur ou une seule maladie puisse décimer une grande partie de la forêt urbaine.

650 000$ pour les arbres

La Direction des travaux publics consacre environ 650 000$ annuellement aux arbres. Cette somme couvre notamment la plantation, l’entretien, l’élagage, l’abattage, les inspections, les traitements et le déchiquetage des branches.

Ce budget a en moyenne augmenté d’environ 2% par an au cours des dernières années.

De cette enveloppe, environ 400 000$ sont consacrés à l’entretien et à la préservation des arbres existants.

Le Programme triennal des immobilisations prévoit également des budgets pour des projets particuliers. «Dans les dernières années, annuellement un montant de 500 000$ a été dépensé pour différents projets que ce soit en honoraires professionnels, frais d’abattage, plantation, contrôle des espèces exotiques envahissantes (EEE) et l’entretien», indique Mme Lamarche. Une grande partie des travaux spécialisés est réalisée par des entreprises privées. La Ville confie notamment à des entrepreneurs l’élagage, les abattages, les inspections et certains traitements

De son côté, la direction de l’environnement et de la transition écologique a octroyé l’an dernier et cette année également un contrat d’abattage et de la gestion de la végétation en bordure de rives et de milieu naturel.  Les sommes annuelles affectées à ce contrat spécialisé sont d’environ 150 000$.

Remplacer et augmenter

Dans les rues et les parcs récréatifs, un arbre abattu est généralement remplacé par un arbre de bonne taille lorsqu’aucune infrastructure ne l’empêche. Dans les boisés et les milieux naturels, les interventions sont plutôt accompagnées de plantations et de travaux visant à contrôler les espèces envahissantes.

La Politique de l’arbre vise par ailleurs à accroître la canopée, sans fixer de cible précise. Selon la Ville, les efforts de plantation réalisés depuis 2011 par la Municipalité et les citoyens ont permis de maintenir, voire de légèrement augmenter, le couvert arboricole. À l’échelle du Grand Montréal, la canopée couvre actuellement 25,7% du territoire, avec une cible régionale de 35% d’ici 2046.

La Ville offre enfin chaque année entre 400 et 450 arbres à prix réduit, au coût de 15 $, dans le cadre de ses programmes Une naissance un arbre et de distribution d’arbres. Au cours des deux dernières années, elle y a consacré entre 30 000$ et 35 000$ annuellement.

Pour Marie-Pier Lamarche, le constat est clair : Boucherville investit aujourd’hui davantage en foresterie qu’il y a cinq ou dix ans, avec l’objectif de préserver une forêt urbaine capable de mieux résister aux défis à venir.