Depuis 30 ans, la Société d’horticulture et d’écologie de Boucherville (SOCHEB) contribue à faire pousser bien plus que des fleurs et des légumes. Par ses conférences et ses activités, elle transmet aux amateurs de jardinage des connaissances adaptées aux nouvelles réalités environnementales. Le 16 septembre, l’organisme a soufflé 30 bougies.
Pour Yvette Petibois-Paillé, horticultrice et membre de la SOCHEB depuis plus de 15 ans, ces trois décennies témoignent surtout de l’évolution des intérêts des jardiniers. «L’horticulture, le jardinage, c’est plus que de dire vous taillez vos conifères à telle date. C’est d’aller au-delà et de renseigner les gens», souligne-t-elle lors d’une entrevue à la La Relève.
Au fil des années, la SOCHEB a ainsi diversifié les sujets abordés lors de ses conférences. Des spécialistes sont venus parler d’insectes, d’algues, de culture du safran et de nombreux autres sujets qui sortent du jardinage traditionnel. L’entomologiste Georges Brossard a notamment été invité en 2015.
«On a eu des sujets différents pour innover et renseigner les gens. Ça nous a amené de plus en plus de nouveau monde», raconte Mme Petibois-Paillé.

La SOCHEB a reçu l’été dernier le prix Louis-Lacoste pour souligner son 30e anniversaire. (Photo : La Relève – archives)
Jardiner autrement
L’horticulture a également changé au cours des 30 dernières années. Après une période où les produits chimiques occupaient une place importante, la tendance est davantage tournée vers des méthodes naturelles et une utilisation plus réfléchie des produits.
«Maintenant, nous sommes dans un retour beaucoup plus aux techniques et aux produits naturels, avec le moins de produits chimiques possible», observe l’horticultrice.
Avant chacune des conférences, elle prend d’ailleurs une quinzaine de minutes pour transmettre aux participants des conseils pratiques sur l’entretien des plantes, les techniques de jardinage et les bonnes pratiques à adopter.
La sensibilisation à l’environnement occupe une place grandissante dans les activités de la société. Pollinisateurs, biodiversité, semis, compostage et choix de végétaux adaptés font notamment partie des sujets qui intéressent les jardiniers d’aujourd’hui.
Même ceux qui ne possèdent pas de terrain peuvent y trouver leur compte. Balcon, terrasse ou petit espace extérieur peuvent permettre de cultiver des tomates, de la laitue, des haricots ou certaines variétés de petits fruits et de fleurs, précise-t-elle.
Sensibiliser les jeunes
Pour Mme Petibois-Paillé, cette transmission doit aussi rejoindre les enfants. Le jardin constitue selon elle un formidable outil pour leur faire découvrir les liens qui existent entre les plantes, les insectes, le sol et l’environnement. Elle donne l’exemple des vers de terre, souvent perçus à tort comme indésirables. Ils contribuent pourtant à enrichir et à aérer le sol en participant à la décomposition de la matière organique.
«Les plantes, les fleurs, les insectes, tout ce monde-là a une place dans la nature. Il faut les respecter, les connaître et en savoir davantage», dit-elle.
Elle constate également que le jardinage gagne du terrain dans les écoles, ce qui lui semble particulièrement encourageant pour la relève.
L’herbe à poux sous surveillance
Parmi les préoccupations actuelles, la prolifération de l’herbe à poux mérite également une attention particulière, selon l’horticultrice. Présente notamment en bordure des routes, des trottoirs et dans certains terrains, la plante libère son pollen principalement de la fin de l’été jusqu’à l’automne et peut contribuer aux symptômes d’allergies saisonnières. «Il faut que les gens l’identifient et ne la laissent pas disperser ses graines», insiste-t-elle.
Les changements climatiques viennent aussi modifier certaines pratiques horticoles. Les périodes de croissance, les besoins en eau et l’utilisation des engrais doivent être réévalués en fonction des nouvelles conditions.
Des jardins plus simples
Elle observe une autre tendance. Les jardiniers recherchent des végétaux plus faciles d’entretien et mieux adaptés à leur environnement. Les plantes résistantes à la sécheresse et celles qui attirent les pollinisateurs gagnent notamment en popularité. La pelouse traditionnelle pourrait elle aussi être appelée à évoluer, mentionne-t-elle. Avec la hausse du coût de l’entretien, de la machinerie et des matériaux, les pelouses fleuries et les aménagements faisant davantage de place à la végétation suscitent un intérêt croissant. «On donne beaucoup plus d’importance à la végétation», constate Mme Petibois-Paillé.
La Socheb offre plusieurs conférences au cours de l’année. Pour plus de renseignements : [email protected]

