De retour à Boucherville après avoir vécu 18 ans en Autriche, l’artiste Valérie Lafleur présente sa première exposition individuelle, Sens et perception, à la Galerie Jean-Letarte jusqu’au 8 novembre.

À travers une série d’œuvres abstraites réalisées principalement avec de la laine, elle cherche à créer un lien entre les émotions et la façon dont on perçoit les choses. Pour elle, la laine n’est pas seulement un matériau, elle permet de jouer avec les fibres, les textures, les reliefs et les couleurs. Ces différents éléments donnent aux œuvres une dimension à la fois visuelle et tactile.

«La laine occupe une place centrale dans ma démarche. C’est un médium poétique qui évoque à la fois la chaleur et la fragilité», explique l’artiste. Elle utilise principalement deux techniques : le punch needle, aussi appelé broderie au poinçon, et le tufting, ou touffetage.

Pour le punch needle, elle enfile la laine dans une aiguille qu’elle fait passer à travers une toile de lin afin de créer progressivement les formes et les textures. Le choix de la fibre influence également le résultat, dit l’artiste qui privilégie notamment la laine mérinos provenant de Nouvelle-Zélande, «appréciée pour sa douceur et sa texture», mais utilise aussi des laines plus rugueuses et des fils de coton.

«Tout dépend de la façon dont je travaille la laine et de la direction dans laquelle je fais mes points. C’est ça qui crée les différentes textures», décrit-elle.

Certaines œuvres nécessitent plusieurs dizaines d’heures de travail. La plus imposante de l’exposition lui a demandé environ 60 heures, tandis que d’autres ont nécessité entre 25 et 30 heures.

Dans certaines créations, elle combine les deux techniques, comme dans son œuvre coup de cœur, Pétale.

L’artiste a commencé à expérimenter ces techniques en 2020, mais c’est surtout depuis 2022 qu’elle se consacre à cette pratique.

En Autriche, où elle vivait dans un village montagneux, elle vendait principalement ses créations en ligne et sur les réseaux sociaux. Son retour dans sa ville natale lui a donné l’occasion de franchir une nouvelle étape. «Je me suis dit que lorsqu’on allait déménager à Boucherville, j’allais essayer d’exposer», raconte-t-elle.