Les élus municipaux de Boucherville ont officiellement adhéré au mouvement des cœurs bleus, une initiative lancée par l’Union des municipalités du Québec (UMQ) qui vise à dénoncer les effets des récents changements aux politiques migratoires sur les personnes immigrantes déjà établies au Québec.

Le maire de Boucherville Jean Martel a expliqué qu’il s’agit d’un signe que les élus municipaux affichent pour dénoncer notamment la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Selon le maire, les personnes touchées par ces changements occupent souvent des emplois essentiels, dans des secteurs confrontés depuis longtemps à d’importantes pénuries de main-d’œuvre.

«Ce sont des gens venus d’ailleurs pour prêter main-forte, que ce soit pour faire la vaisselle, travailler dans les champs ou agir comme préposés aux bénéficiaires. Ce sont des emplois qui font face à des pénuries de main-d’œuvre, dans des secteurs clés, et que peu de Québécois établis depuis longtemps sont prêts à accepter dans les conditions actuelles», a-t-il mentionné.

Il a rappelé que plusieurs de ces travailleurs avaient fait le choix de s’établir au Québec sur la base d’un parcours clairement balisé, avec la perspective éventuelle d’obtenir la résidence permanente ou la citoyenneté. «Ce sont des personnes qui parlent français, qui sont bien implantées ici. C’est déchirant de constater qu’il y a aujourd’hui une rupture de cette promesse et c’est pour dénoncer cette situation», a-t-il ajouté.

Le maire a également invité la population à appuyer le mouvement, notamment en signant les pétitions qui circulent en ligne sur le sujet.

De son côté, l’UMQ affirme que l’abolition du Programme de l’expérience québécoise et les modifications apportées au Programme des travailleurs étrangers temporaires ont bouleversé, sans préavis, des parcours migratoires jusque-là considérés comme prévisibles. Pour de nombreuses personnes, ces changements sont survenus alors que leur projet de vie était déjà bien engagé.

Sur le terrain, les impacts soulèvent de vives inquiétudes. Des familles craignent d’être séparées, des étudiants remettent en question leur avenir au Québec, tandis que des employeurs redoutent la perte de travailleurs essentiels à leurs activités.