La tour Sir Charles condominiums a beau être érigée au milieu du vaste stationnement P2 bordant la station de métro Longueuil–Université de Sherbrooke, ses résidents déplorent des enjeux lorsque des visiteurs, livreurs et prestataires de services doivent se garer. Leurs démarches auprès de la Ville de Longueuil n’ont pour l’instant pas porté fruit.

Lorsque les résidents reçoivent des visiteurs, ces derniers n’ont d’autres choix – s’ils souhaitent se garer à proximité – de débourser les 15$ couvrant une période de 24 heures pour utiliser le stationnement P2. Aucune tarification horaire n’est offerte.

Sur la courte rue Marie-Charles-Le Moyne, tout juste devant l’immeuble, il est interdit de se stationner. Six affiches le rappellent.

«Des livreurs se garent parfois sur cette rue et en cinq minutes, ils reçoivent une contravention», illustre Martin Viau, membre du conseil d’administration du syndicat de copropriété.

Ce dernier confirme que la frustration concernant les enjeux de stationnement pour les visiteurs «est généralisée» chez les résidents.

La Ville de Longueuil a défini une zone de débarcadère de 30 minutes sur la rue Saint-Charles Est, vis-à-vis le bâtiment. Selon la résidente Linda Beaulieu, qui a contacté la Ville plus d’une fois depuis son arrivée au Sir Charles en 2024, cet emplacement n’est pas l’idéal. «La rue Saint-Charles est très passante. Je ne comprends pas pourquoi le débarcadère n’est pas plutôt sur Marie-Charles-Le Moyne.»

Et avec sa durée permise de 30 minutes, le débarcadère ne répond pas aux besoins des visiteurs ou des prestataires de services.

De plus, le Sir Charles condominiums ne compte pas d’espaces réservés aux visiteurs dans son stationnement souterrain. Bien que des espaces y demeurent encore – environ le tiers des 366 condos sont à vendre –, Devimco ne serait pas ouvert à ce qu’ils soient offerts en location ou pour les visiteurs, selon le syndicat de copropriété. 

Résidents et clients

«Dans notre secteur, la stratégie est axée sur le métro et le bus, et c’est très correct, on a acheté pour ça, soulève Linda Beaulieu. Mais il y a quand même une logique qu’on ne comprend pas : on est entouré d’un stationnement qui est tout le temps vide, sauf lors des événements comme le Grand prix et les festivals. Et la Ville paie pour l’entretenir.»

«C’est pensé pour les gens qui prennent le métro, mais pas pour nous», ajoute-t-elle.

Elle pense aussi aux clients de la foire alimentaire inaugurée en décembre à la station de métro, et à ceux des commerces qui occuperont éventuellement les espaces commerciaux au rez-de-chaussée du Sir Charles.

Des demandes

Le CA du syndicat de copropriété a contacté la Ville pour faire part de ces problèmes, relève Martin Viau. Dans un courriel envoyé le 6 novembre, il réclame que le débarcadère sur Saint-Charles Est devienne une zone de stationnement 120 minutes, «comme pour toute autre rue commerciale».

Les résidents souhaitent aussi que la rue Marie-Charles-Le Moyne soit convertie en une aire de débarcadère et qu’elle redevienne en partie à sens unique.

Enfin, ils souhaitent une tarification horaire au stationnement P2 (comme au P1).

«On leur propose quand même des revenus, avance Linda Beaulieu. On ne demande pas que ce soit gratuit.»

À ces irritants s’ajoute un parc qui se fait attendre. Un espace vert devait être aménagé derrière le Sir Charles condominiums à l’automne 2025, selon les informations que le promoteur a transmises à Martin Viau. «Les travaux ne sont pas encore faits», indique-t-il.

Pas de changements à court terme

La Ville de Longueuil explique qu’il n’est pas possible de permettre le stationnement en bordure de la rue Marie-Charles-Lemoyne – d’une largeur variable depuis un réaménagement –, afin d’assurer le passage des camions de la collecte de matières résiduelles et les véhicules d’urgence.  

«En conséquence, un stationnement en rive d’une durée maximale de 30 minutes a été autorisé sur la rue Saint-Charles, en façade du projet, signifie la Ville. Au même titre que la zone de stationnement de courte durée en face de la tour Beneva, cet espace agit à la fois comme zone de dépose-minute et comme aire de livraison pour les commerces qui s’implanteront éventuellement au rez-de-chaussée de l’immeuble.»

La Ville n’envisage pas à court terme de déplacer le débarcadère. Seule une intervention mineure est prévue pour clarifier la signalisation.

«À plus long terme, un changement d’emplacement pourrait toutefois être envisagé, dans un contexte où le secteur est appelé à évoluer de façon significative», avance-t-elle.

Quant à l’instauration d’une tarification horaire au stationnement P2, la Ville dit «étudier les possibilités», en tenant compte des transformations à venir pour ce secteur, qui pourrait accueillir notamment un centre des congrès, un hôtel et plusieurs autres logements.

Concernant le parc, la Ville rappelle que son emplacement au-dessus du stationnement souterrain du Sir Charles «impose une coordination étroite et des validations techniques préalables afin d’éviter toute atteinte à la structure du bâtiment». Ces étapes ont été complétées à l’automne, mais l’arrivée hâtive de la neige a écourté la période propice aux travaux. L’ajout d’un remblai et l’aménagement d’une plaine gazonnée commenceront au printemps/début de l’été et s’échelonneront jusqu’à la fin de l’été.

Un parc de quartier deux fois plus grand que l’espace actuellement visible verra le jour dans une deuxième phase.