L’important, c’est d’avoir un verre est le titre du nouveau livre de Josée Boudreault et Louis-Philippe Rivard, qui sera en librairie le 8 novembre. Le couple bouchervillois revient sur les dix années qui ont suivi l’AVC de l’animatrice survenu en juillet 2016.
Pour le couple, cette décennie méritait qu’on s’y arrête. Pas question de prétendre que tout est devenu facile, mais plutôt de regarder le chemin parcouru et ce qu’il leur a appris.
Tout est parti d’une expression mal formulée par Josée. Quelques mois après son AVC, les mots lui revenaient peu à peu. Un jour, elle a voulu dire «voir le verre à moitié plein». Mais avec l’aphasie, la phrase est sortie autrement : «L’important, c’est d’avoir un verre!»
Sur le coup, elle et son conjoint ont beaucoup ri de cette version un peu croche de l’expression bien connue. Pourtant, avec le temps, cette phrase est devenue beaucoup plus qu’une anecdote. Elle s’est transformée petit à petit en véritable philosophie de vie. Depuis plus de 10 ans, ils la «traînent» avec eux partout : dans leurs conférences, dans leurs réflexions, dans leurs livres… et surtout dans leur quotidien.
«Le verre représente un petit rêve, un objectif, quelque chose qui nous fait avancer. Ce qui remplit ce verre n’est pas nécessairement le même pour tout le monde, ni même pour une personne tout au long de sa vie. Une épreuve, un changement ou simplement le fait de vieillir peut nous amener à revoir ce qui nous motive», explique Louis-Philippe Rivard.
Rire aussi des difficultés
Le message du couple tient en quelques mots : «la vie n’a pas besoin d’être parfaite pour qu’on l’aime pleinement.» Tout n’est pas facile depuis l’AVC de Josée. Dans les premières années, des gestes ordinaires pouvaient représenter tout un défi.
Au guichet automatique de la banque, Josée se rappelle que sa carte de guichet a été avalée à plusieurs reprises. Aujourd’hui encore, certaines situations se compliquent, par exemple lorsqu’un service à la clientèle, comme Vidéotron, lui demande de répondre à des questions de sécurité dont elle ne se souvient plus.
Louis-Philippe pourrait intervenir à sa place, mais ce n’est pas toujours possible. Le couple a appris à composer avec ces situations, parfois en en riant. «Notre vie est souvent drôle parce que Josée décide d’en rire, même si ce n’est pas toujours facile», résume-t-il.
Pour Josée, il n’est pas question de s’apitoyer sur son sort. Elle reconnaît que les mots ne viennent pas toujours aussi facilement qu’avant, mais elle continue, avec son conjoint, de donner des conférences, de rencontrer des gens et de s’impliquer dans sa communauté. Elle prévoit d’ailleurs participer à l’opération des paniers de Noël du Comité d’entraide de Boucherville.
Écrire à deux
Le couple n’en est pas à son premier ouvrage commun. Pour ce septième livre signé ensemble, le travail s’est étalé sur environ un an, à partir de réflexions accumulées au fil des années, dans leurs notes et leurs conférences.
Josée lance les idées, raconte ses expériences et partage ses réflexions. Louis-Philippe, qui prend souvent des notes audios au fil de leurs conversations, trouve ensuite les mots pour les mettre en forme. Leur écriture se nourrit ainsi de leur vie quotidienne plutôt que de longues séances de travail planifiées.
Publié aux éditions Un monde différent, L’important, c’est d’avoir un verre sera en librairie dès le 8 novembre.

