Peu de temps après que la Commission municipale du Québec (CMQ) eut décidé de fermer le dossier au sujet des allégations de favoritisme visant certaines interventions du maire de Varennes, celui-ci a répliqué sur sa page Facebook, en visant les conseillers indépendants qui ont déposé une plainte à la CMQ. Lors de l’assemblée publique du 6 octobre, ce fut au tour de Carine Durocher et Gaétan Marcil de réagir fortement aux propos de Martin Damphousse.
En ouverture de l’assemblée, le maire a relu sa lettre publiée le 26 septembre: «Je ne peux toutefois passer sous silence les répercussions qu’a eues cette situation sur ma famille et sur mes proches. À cet effet, je m’adresse à celle et celui qui ont propagé des allégations et qui ont déposé ces plaintes, soit, Mme Carine Durocher et M. Gaétan Marcil, deux conseillers-ères municipaux. »
«Sachez que cette période a été très difficile pour ma famille et moi, et que vos allégations publiques ont entraîné des impacts humains bien réels. Des plaies vives ne sont toujours pas cicatrisées. Mais, nous pouvons aujourd’hui tourner la page sur cette période sombre», avait-il ajouté.
Carine Durocher réplique
«Premièrement je suis désolée d’entendre les faits sur la famille Damphousse, comme vous pouvez vous en douter, ce n’est pas l’effet recherché quand on pose ce genre d’action », a-t-telle confié.
«Le travail de municipal, ça consiste d’abord à représenter les citoyens et surtout à agir dans l’intérêt collectif de la municipalité» Elle s’est dite surprise par «l’opacité» des communications de la CMQ et, si elle a fait appel à eux, «c’était pour la bonne conduite des affaires de la Ville dans le futur et pour aujourd’hui et pour le bien des citoyens.»
«Pour terminer, j’en avais déjà parlé auparavant mais la CMQ a des dispositions anti-représailles contre les personnes qui décident de porter plainte. J’ose espérer qu’on n’aura pas besoin d’aller jusque-là. […] Pour moi, l’intimidation n’a pas sa place en politique», a laissé tomber la conseillère indépendante sous les applaudissements.
Gaétan Marcil riposte
«Comme conseiller municipal, j’ai choisi d’utiliser les outils qui s’offraient à moi pour faire la lumière sur la situation et surtout pour offrir aux citoyens un regard neutre, indépendant et apolitique sur les allégations. Demander à un organisme indépendant comme la Commission municipale du Québec d’étudier une situation, ce n’est pas condamner quelqu’un, ce n’est pas rendre un verdict, c’est justement reconnaître que nous ne sommes pas, comme élus, ceux qui doivent eux-mêmes déterminer s’il y a un manquement», a-t-il affirmé.
«La CMQ a rendu son jugement et je l’accepte, mais jamais je ne vais accepter de me laisser intimider. Personne ne devrait avoir à choisir entre faire son devoir d’élu et se protéger personnellement.»
«Je vous affirme, haut et fort, que je vais continuer de poser des questions. Je vais continuer de parler librement. Je vais continuer de demander des comptes. C’est pour ça que les citoyens du district 7 m’ont élu», a-t-il lancé sous les applaudissements.
De retour à la CMQ
Au terme de l’assemblée, le maire a pris la parole : «À deux reprises on a entendu parler de risque d’intimidation, mais je vous assure qu’il n’y en a pas eu et il n’y en aura pas : ce n’est pas permis cette forme d’intimidation de quelque nature que ce soit.»
«Par contre, il y a quand même eu une plainte du conseil de ville qui sera acheminée par la direction générale par rapport à la divulgation d’information hautement confidentielles. Laissons le soin à la Commission municipale de juger, mais ce que le rapport [d’enquête] confirme, c’est que ces informations-là n’auraient jamais dû sortir de la Ville donc [la CMQ] fera son travail et le conseil se gouvernera en conséquence lorsqu’on aura l’information.

