Il aura suffi d’un éclair blanc aperçu au bord de la route pour qu’Erin Douglas arrête sa voiture. Quelques instants plus tard, la photographe animalière de Boucherville assistait à une scène de chasse au-dessus d’un terrain enneigé de Saint-Hubert. L’un des clichés d’un hibou des marais pris à Saint-Hubert se retrouve maintenant dans l’édition spéciale Best Wildlife Photography 2026 du magazine Canadian Geographic.  La photo a été retenue parmi plus de 10 000 images soumises au concours annuel de photographie qui rassemble plus de 89 photographies de photographes de partout au pays.

La photo sélectionnée. (Photo: Erin Douglas )

«Je me suis toujours sentie un peu petite parmi tous ces photographes incroyablement talentueux. Certaines de mes photos avaient déjà été sélectionnées pour des expositions en galerie, mais je n’avais jamais reçu une reconnaissance de cette envergure. Il y a tellement de photographes animaliers extrêmement talentueux qui passent énormément de temps sur le terrain. Alors, voir l’une de mes images sélectionnée parmi autant de photographies, c’est quelque chose dont je suis vraiment très fière», mentionne Mme Douglas.

Découvert par hasard

Il s’agissait de sa première rencontre avec un hibou des marais. «En passant devant un terrain vacant dans un secteur industriel, un éclair de blanc dans une aile a attiré mon regard», raconte-t-elle à La Relève.

Elle avait passé du temps à observer un harfang des neiges et avait décidé de faire un détour en voiture avant de rentrer chez elle. Elle ne cherchait donc pas particulièrement les hiboux. Après avoir aperçu l’oiseau, elle s’est stationnée au bord de la route et a sorti son équipement. Elle a alors constaté qu’ils étaient trois à chasser.

«La lumière était magnifique. Le soleil d’hiver était très bas et chaud en fin de journée, et cette lumière faisait ressortir les yeux des hiboux. C’était la première fois que j’en voyais. Ils étaient petits, mais avec de longues ailes, silencieux et tellement concentrés sur leur chasse lorsqu’ils glissaient au-dessus du terrain enneigé. C’était vraiment une rencontre spéciale.»

La photographe aimait particulièrement le contraste entre le fond gris foncé et la lumière jaune sur le hibou. Elle préfère ne pas révéler l’endroit exact où les oiseaux ont été observés, notamment pour éviter d’attirer trop de visiteurs vers leur habitat.

«Je suis retournée sur place plusieurs fois au cours des semaines suivantes, mais les photos prises lors de cette première rencontre restent encore mes préférées. Il y avait quelque chose de particulier dans la lumière, mais aussi dans le fait que c’était ma toute première rencontre avec cette espèce.»

Erin Douglas tenant le magazine.

Une passion qui a changé de décor

Erin Douglas a pratiquement toujours eu un appareil photo entre les mains. Enfant, elle utilisait des appareils jetables que lui achetait sa mère, avant de passer à la photographie sur pellicule, puis au numérique il y a environ 25 ans. Son intérêt pour la photographie a toutefois évolué au fil des endroits où elle a vécu.

À Calgary, elle photographiait surtout les paysages des Rocheuses. En Caroline du Nord, elle s’est intéressée à la photographie de rue et au noir et blanc.

C’est en s’installant à Boucherville qu’elle s’est tournée davantage vers la photographie animalière, il y a environ un an. «Je peux complètement perdre la notion du temps en observant un hibou, un héron ou un renard. Pendant ces moments-là, le temps semble s’arrêter», raconte-t-elle.

Cet intérêt pour les animaux remonte d’ailleurs à ses études. Elle avait commencé son baccalauréat avec l’idée d’étudier en biologie et de travailler comme agente de conservation. Son parcours professionnel a finalement pris une autre direction. Elle détient une maîtrise en neurosciences et une maîtrise en ergothérapie. Elle travaille aujourd’hui comme ergothérapeute en pratique privée et comme coordonnatrice de recherche à l’École de physiothérapie et d’ergothérapie de l’Université McGill.

La photographie demeure un loisir, mais elle occupe une place de plus en plus importante dans sa vie. Cette année, ses images du kangourou aperçu à Boucherville ont notamment été reprises par des médias nationaux, dont Radio-Canada et CBC.

Mme Douglas entend continuer à photographier les animaux, notamment pour transmettre à son jeune fils son propre intérêt pour le plein air et l’observation de la faune.