Le 7 octobre dernier, plus d’une centaine de personnes étaient présentes à l’Espace des Bâtisseurs pour la présentation des plans préliminaires du projet résidentiel Jules-Phaneuf, situé dans le parc Saint-Charles. Ce projet des développeurs Groupe Xpansion et Fitztera Immobilier a suscité de nombreuses questions et interrogations de la part des citoyens, qui n’ont pas toujours pu avoir de réponses claires à leurs questions en raison du caractère préliminaire du projet. Les développeurs ont mentionné qu’une deuxième séance devrait avoir lieu devant la population à une date ultérieure.

La construction devrait débuter au printemps prochain et s’échelonner sur trois ou quatre ans. (Photo : gracieuseté)

Le projet, qui est pensé en deux phases, est réparti sur quatre étages et comporte 243 logements, allant de studios à des unités 5 ½. De ce nombre, il devrait y avoir environ 10% des habitations qui seraient considérées abordables, d’après les critères établis par la Société d’habitation du Québec. Selon les estimations des développeurs, il y aurait environ 1,6 personne par logements, soit au total près de 400 locataires dans ce nouvel immeuble.

Les stationnements seraient à 90% situés au sous-sol du bâtiment. Le site, près de la Maison Véro & Louis et derrière les condos existants, compterait à terme 205 arbres et il y aurait, selon les plans préliminaires, 62,7% d’espaces verts sur le site. Une zone de protection des milieux humides serait aussi créée en bordure de la rivière.

Le parc Saint-Charles a une superficie d’environ 5,8 millions de pieds carrés et s’étale sur deux kilomètres. Le terrain à développer occupe environ 3,2% de cet espace vert, le reste étant protégé à perpétuité.

Si tout se passe tel qu’espéré selon les développeurs, la construction pourrait débuter au printemps prochain et s’échelonner sur «trois-quatre ans», avant d’ajouter qu’il y a encore beaucoup de choses à finaliser, dont le financement, et qu’il est possible que le chantier soit plus court.

De nombreuses questions

Pendant près de deux heures, les questions du public ont été nombreuses à l’endroit du représentant des développeurs, Alexandre Pessoa, directeur général du Groupe Xpansion, Alain-Serge Marchand, président du Groupe Marchand architecture design (GMAD), et Sarah Boucher, urbanisme au GMAD.

Parmi ces interrogations, on s’inquiétait du flot de circulation supplémentaire sur la rue Jules-Phaneuf, qui est déjà important aux heures de pointe. Le développeur a indiqué à ce sujet que des études de circulation sont présentement en cours.

D’autres se demandaient si le réseau pluvial et sanitaire sera capable d’absorber ces quelque 400 résidents supplémentaires, ou si ce sont les contribuables qui devront assumer la facture? Là encore, des études seraient en cours sur le sujet.

Plusieurs citoyens ont rappelé que le projet avait fait l’objet d’une pétition recueillant 2 745 citoyens contre la phase 3 du projet domiciliaire dans le parc Saint-Charles, en octobre 2019. Certains d’entre eux ont exprimé leur déception puisqu’il était question à l’époque de 63 unités de logements, essentiellement des duplex et des triplex, ont-ils ajouté.

Des citoyens ont aussi déploré le «manque de transparence» de la Ville dans ce dossier et qu’ils ne se sentaient pas écoutés dans ce dossier de longue haleine.

Le président du Groupe Marchand architecture Design, Alain-Serge Marchand, qui a conçu l’Espace des Bâtisseurs, a précisé que l’ancien projet contenait beaucoup d’îlots de chaleurs (stationnements), alors que le sien est «un modèle en ce sens».

Il a toutefois surpris les participants en disant qu’à l’origine, son premier projet présenté faisait dix étages. Il a ajouté que ce sont les développeurs qui lui ont demandé de réduire le nombre d’étages à quatre.

Le conseil prendra sa décision

Le développeur s’est dit «ouvert à retravailler le projet» et à le présenter à nouveau à une date ultérieure. De leur côté, les membres du conseil municipal étaient présents à la rencontre et ont pris connaissance des préoccupations, questions et observations exprimées par les participants.

Selon le dernier tableau montré à l’écran, il était mentionné qu’«au besoin, l’équipe de développement du projet répondra aux questions du conseil. Après analyse, le conseil prendra sa décision».