À Boucherville, le fleuve Saint-Laurent a tellement baissé qu’on peut marcher sur de larges portions de berges habituellement submergées. À l’est, près du parc de La Frayère, certains automobilistes s’aventurent même sur ces terrains laissés à découvert. Le paysage a des allures d’un mois de juillet en pleine canicule, alors que novembre est déjà commencé.

La baisse du niveau d’eau a poussé les autorités à émettre un avis à la navigation entre Montréal et Sorel. Les données de Pêches et Océans Canada montrent que le fleuve est passé sous le zéro des cartes, le repère utilisé pour indiquer les profondeurs sur les cartes marines.
Mais est-ce vraiment inhabituel à cette période de l’année? Au moment de l’entrevue, les données disponibles ne permettaient pas de le déterminer.
Le 28 octobre, à midi, le niveau d’eau mesuré à la station de la jetée no 1, dans le Vieux-Port de Montréal, se situait à 6,6 cm sous le zéro des cartes. Plus à l’est, à la station Frontenac, près de Boucherville, la baisse était encore plus marquée. Le 26 octobre, vers 14h37, le niveau atteignait 16,4 cm sous ce repère, soit le plus bas enregistré à cette station depuis le début de 2026.
«Les niveaux d’eau sont faibles parce que normalement, on veut les avoir au-dessus du zéro des cartes», explique Hélène Desrosiers, superviseure intérimaire des marées, courants et niveaux d’eau au Service hydrographique du Canada, qui relève de Pêches et Océans Canada.
Un repère qui ne dit pas tout
Le zéro des cartes sert à établir les profondeurs indiquées sur les cartes marines. Dans les secteurs soumis aux marées, comme à Montréal, il correspond généralement au niveau des basses mers inférieures de grande marée. Mais ce repère ne permet pas de dire si le fleuve est plus bas que d’habitude à la fin octobre. Le Service hydrographique du Canada mesure les niveaux d’eau et publie les données, mais ne fait pas de comparaison avec les niveaux habituellement observés à cette période de l’année, précise Mme Desrosiers.
Des niveaux sous le zéro des cartes ont aussi été enregistrés à cette période de l’année depuis 2024. Mais l’été 2026 a été marqué par des niveaux d’eau plus élevés. L’été précédent, au contraire, le fleuve avait été particulièrement bas.

Plusieurs facteurs en cause
Le manque de précipitations des dernières semaines pourrait avoir contribué à la baisse du niveau du fleuve. Le débit provenant des Grands Lacs, les conditions hydrologiques en amont et la gestion des barrages entrent aussi en ligne de compte, explique Mme Desrosiers.
Au moment de l’entrevue, la spécialiste ne disposait toutefois pas de tous les renseignements nécessaires pour déterminer les causes de cette baisse.
Une remontée attendue en novembre
Les prévisions annoncent une nouvelle baisse du niveau d’eau au cours des prochains jours, suivie d’une remontée au début de novembre. «Les prévisions peuvent changer en fonction de l’évolution des conditions météorologiques et hydrologiques», précise Mme Desrosiers.
En attendant, les faibles niveaux d’eau compliquent la navigation. Les plaisanciers et les navires commerciaux doivent tenir compte de la profondeur disponible et du tirant d’eau de leur embarcation pour éviter de s’échouer. Un avis à la navigation lié aux faibles niveaux d’eau était en vigueur entre Montréal et Sorel.

